Cette église se trouve à environ 2 km de la Collégiale de Mantes la Jolie. A cause de sa proximité avec le quartier du Val-Fourré, fruit de l'urbanisme moderne de la seconde moitié du 20ème siècle,  elle donne l'impression d'être un monument hors du temps.

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A l'origine, cette église se trouvait dans les bois de Gassicourt, propriété du comte de Mantes. En 1054, le comte Simon, vendit le vaste domaine boisé à l'abbaye de Cluny. L'acte de vente fait mention de la présence d'une église.  La date de cet acte de vente permet donc d'affirmer que cette église a donc été édifiée au début du 11ème siècle.

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Entre le milieu du 11ème siècle et le milieu du 13ème siècle, plusieurs millions de tonnes de pierres ont été charriés pour édifier environ 80 cathédrales, près de 500 grandes églises et quelques dizaines de milliers d'églises paroissiales comme celle que nous allons visiter. Selon Jean Gimbel, dans son ouvrage consacré aux bâtisseurs de cathédrales, la France aura charrié plus de pierres en trois siècles que l'ancienne Egypte en n'importe quelle période de son histoire, y compris durant l'ancien empire, époque des grandes pyramides. Il y avait au Moyen Age une église ou une chapelle pour 200 habitants environ. Raoul Glaber (985-1047), moine chroniqueur de son temps, écrivait a propos de cet élan de construction « Ce fut comme une émulation d'un peuple à l'autre : on aurait cru que le monde secouant ses vieux haillons, se revêtait partout de la blanche robe d'églises neuves ». Il n'est donc pas étonnant qu'une église fut construite pour le modeste hameau de Gassicourt.

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Quelles sont les raisons qui sont à l'origine de cette floraison sans précédent d'édifices religieux ?

 

La première raison est d'ordre spirituel. Est-ce du à l'effet "an mil" qui fit redouté l'avènement du Jugement dernier, thème que l'on retrouve dans les Evangiles, notamment dans celui de Matthieu au chapitre 25, versets 31 à 46) ? Toujours est-il que le 11ème siècle est marqué par l'essor du monachisme. Les gens sont séduits par ces moines qui s'isolent du monde pour prier Dieu : « Pour toi, quand tu veux prier, entre dans la chambre la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le secret.[...] », Matthieu 6, verset 6. Les moines incarnent alors un modèle religieux plus stimulant que celui donné par les prélats trop occupés par leurs biens matériels. Ce modèle, si bien incarné par Bernard de Clairvaux, est soutenue par les papes de la seconde moitié du 11ème siècle : Léon IX (1049-1054) et Grégoire VII (1073-1085). Il est à l'origine d'un renouveau spirituel pour l'Eglise.

 

La deuxième raison est d'ordre économique. Entre les 10ème et 12ème siècle, la population de la France passe de 5 à 9 millions de personnes. La raison de cette augmentation est d'abord liée à un essort de l'agriculture, nourrit par le défrichement des terres et leur mise en valeur, sous l'impulsion des abbayes, notamment celle de Cluny. Les surplus agricoles sont vendus sur les marchés urbains ce qui entraîne un renouveau des villes et la création de villes nouvelles (d'où les appellations "ville neuve" que nous trouvons un peu partout en France) et la création de nouvelles activités : artisanat, marchand, changeur, banquier.

Face à ces nouveaux riches, l'Eglise va rappeler les avertissements des Evangiles au sujet de l' accumulation de richesses : « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre [...] » (Matthieu 6, verset 19), « [...] Vous ne pouvez pas servir Dieu et l'Argent » (Matthieu 6, verset 24), « [...] Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux [...] » (Matthieu 19, verset 21). Elle les incitera ainsi à donner ou à léguer une partie de leur fortune à des oeuvres pieuses, telles que la construction d'église. Ce transfert de richesse va permettre de financer les édifices religieux.

En général, on trouve dans les histoires de l'architecture médiévale la distinction entre les monuments romans et gothiques. Dans cette vision historique, l'art roman a débuté en France vers le début du 11ème et s'est terminé vers le milieu du 12ème siècle pour laisser place à l'art gothique : cathédrale de Sens vers 1135, cathédrale de Paris en 1163, cathédrale de Chartes en 1194. Ce style architectural fut initialement appelé francigenum opus (« art de France ») puis qualifié de « gothique » par les artistes italiens de la Renaissance. Ce qualificatif avait un sens péjoratif puisque ce mot renvoie aux Goths, peuple barbare. Un art de « barbares » car il aurait oublié les techniques et les canons de l'esthétique des constructions gréco-romaines de l'Antiquité. Cependant, un certain nombre d'historiens de l'art réfutent aujourd'hui cette distinction entre roman et gothique. Ils montrent que, par rapport à l'architecture romane qui la précède, le gothique n'est pas tant une rupture que le résultat d'une évolution rapide des techniques architecturales entre le milieu du 11ème et le milieu du 13ème siècle.

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La façade de l'église Sainte Anne qui date de l'époque romane permet d'appuyer cette thèse.

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En effet, son portail avec ses arcs de plein ceintre est typique du style normand de l'époque,

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Mais on notera aussi la présence d'une ouverture circulaire (un oculus) au dessus de ce dernier qui préfigure les grandes rosaces ornant les façades des grandes cathédrales gothiques.  Selon Jean Guimbel, ces évolutions sont le fruit de centaines de petites découvertes techniques dues à l'ingéniosité des architectes et des ouvriers. La visite de l'église de Gassicourt permettra d'avoir d'autres illustrations de la thèse "évolutioniste" car  la façade, la nef et le clocher sont du milieu du 11ème siècle tandis que le chevet et le transept sont le résultat du remaniement de l'édifice entre 1240 et 1250, soit à peine un siècle d'écart.

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Je vous invite maintenant à rentrer à l'intérieur et faire ainsi un saut dans le temps de près de neuf siècles.

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La nef communique avec les bas-côtés grâce à des rangées de piliers massifs, cylindriques, ornés de puissants chapiteaux, typiques de l'art roman. Elle fut voûtée d'ogives au 16ème siècle, mais sa forme originelle en charpente de bois fut rétablie en 1960.

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Les chapiteaux sont ornés de motifs géométriques ou d'étoiles, révélant une influence normande.

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Si vous tournez le dos au chœur alors vous pourrez apprécier que les ouvertures latérales et l'oculus de la façade offrent une grande luminosité à cet édifice de fin d'époque romane. L'orientation de l'église est telle que le portail est à l'ouest  tandis que le chœur est à l'est.

Ce positionnement est traditionnelle des églises construites durant le haut Moyen-âge, bien que les exceptions soient nombreuses. Il pourrait s'expliquer par un usage chrétien qui était de prier vers le Levant. « (...) c'est le fait bien connu que nous nous tournons vers l'Orient pour prier » écrivait Tertullien dans son livre « Apologeticum » (chapitre 16, verset 10) en 197.

Cet usage n'est pas mentionné dans les textes du Nouveau Testament ce qui laisse une liberté dans sa justification religieuse. On trouve dans l'un des écrits d'Augustin, évêque d'Hippone (354-430), docteur de l'Eglise catholique de Rome, plus connu sous le nom de Saint Augustin, l'explication suivante : « Quand nous nous levons pour prier, nous nous tournons vers l’est, là où les Cieux commencent. Nous faisons cela non parce que Dieu est dans cette direction, comme s’il s’était retiré des autres directions terrestres…, mais pour nous faire souvenir d’orienter nos âmes vers un ordre plus élevé, c’est à dire vers Dieu ».

Il est à noter que jusqu'au concile Vatican 2 (1962-1965), l'usage liturgique était que la personne qui célébrait l'office religieux soit au fond du choeur, tournée vers le Levant ("ad Dominum"), faisant ainsi dos aux fidèles. Ces derniers, pour suivre le culte, n'avaient comme ressource que d'observer les mouvements du célébrant, entendre la petite cloche du clergeon et se reporter à son missel. Depuis ce concile, l'officiant est maintenant face au peuple ("ad Ecclesia"), l'autel principal est aménagé, lorsque cela est possible, à la croisée du transept, comme cela a été le cas, par exemple, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Pour en revenir au positionnement du cœur des églises du Moyen-Age, l’explication peut aussi reposer sur des considérations d’ordre pratique. En effet, durant cette période, l’art de la construction des églises a évolué vers des bâtiments de plus en plus ouverts à la lumière. En cherchant l’orient (premier sens du verbe orienter) pour construire le cœur, on permet à celui-ci d’être éclairé par le soleil dès le matin, qui est le moment de la messe, et jusqu’au milieu de l’après-midi, grâce aux grandes ouvertures du chevet et du transept.

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Dans l'église Sainte Anne de Gassicourt, la lumière éclaire des vitraux qui datent du 13ème siècle. La représentation sur ces derniers de fleurs de lis et les armes de Castille laissent supposer que leur réalisation a été financée par la reine Blanche de Castille. La région du val de Seine était bien connue de la famille royale car c'est à Poissy que Blanche accoucha du futur Louis IX, en 1214. Ce dernier vint plusieurs fois à Mantes la Jolie.

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Le vitrail dit de la Passion et de la Résurrection offre des représentations des derniers moments de la vie de Jésus de Nazareth, d'évènements liés à la Résurrection et des premiers évènements du christianisme naissant. On peut observer :

Rameaux (les disciples), Rameaux (Christ sur l'âne), Jérusalem, La Cène

Lavement des pieds, L'arrestation de Jésus, Le salaire de Judas, La marche vers le tribunal,

Pilate se lave les mains, le Christ aux outrages, Flagellation, Couronnement d'épines (médaillon du bas dans la photo précédente),

Portement de croix (médaillon du haut dans la photo précédente), Crucifixion, L'Agonie, Jésus aux limbes,

Résurrection, Saintes femmes au tombeau, Apparition à Marie Madeleine, Disciples d'Emmaus,

Pentecôte, Ascension, Election de Mathias, Concile de Jérusalem, Christ en gloire

Les couleurs bleues et rouges, ainsi que les médaillons qui le composent, font de ce vitrail un élément artistique majeur de cette église.

Il s'agit d'un véritable catéchisme illustré qui permettait aux personnes illettrées (et elles étaient nombreuses à l'époque) d'entretenir leurs connaissances de la Bible. Remarquons qu'à cette fin, il faut que la lumière du jour traverse le vitrail.

Dans la théologie de la lumière qui guida l'architecture des édifices religieux vers le style gothique (et dont le prototype est la basilique Saint-Denis près de Paris), il y a plusieurs lumières.

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Il y a la lumière sensible, celle que nos yeux peuvent voir.

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Dans l'Ancien testament, c'est par cette lumière que Dieu se manifeste (notamment à Moïse par l'intermédiaire du buisson ardent).

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Dans le Nouveau testament, la lumière n'est plus un attribut ou une manifestation de Dieu, mais Dieu lui-même. On parle alors de lumière incréée. « Le Verbe était la lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme ». (Jean 1, verset 9, TOB).

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A l'aune de cette théologie, le vitrail peut donc être vu (verbe faisant aussi référence à la lumière mais ici il s'agit de la lumière intellectuelle, celle qui apporte la compréhension) comme une transformation de la lumière sensible venant de l'extérieur en Lumière divine puisqu'elle nous permet d'accéder à la Parole (ou Verbe) de Dieu.

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Le vitrail était déjà connu dans l'Antiquité et à Bizance, mais il a été magnifié par l'art religieux du Moyen-Age.

Sur le plan artistique, les vitraux du Moyen-Age fascinent  d'autant plus que le métier de peintres-verriers est encore mal connu de nos jours, en raison du peu d'écrits sur le sujet et de l'oubli des techniques associées à cet art qui tomba progressivement en désuétude. Par exemple, on n'arrive pas à retrouver la couleur bleu des vitraux de la cathédrale de Chartres. Cependant, ce n'est pas le résultat d'une alchimie mystérieuse. La raison est que la connaissance de la juste proportion du dosage des poudres et pierres utilisées par les maîtres verriers pour cette couleur s'est perdue.

Toutefois, l'art du maître verrier ne s'arrête pas au choix des verres teintés qui vont servir à la confection du vitrail à partir d'un carton réalisé par un peintre. Certes, ce choix est primordiale car il obéit à plusieurs contraintes, notamment celle de donner au vitrail un aspect « vif et éclatant ». Antoine de Pise, maître verrier à la fin du 14ème siècle, témoigne de ce soucis car dans son traité (l'un des rares mémoires de maître verrier) il estime qu'il faut qu'un tiers des pièces de verre utilisées soit blanc. Cependant,  il faut aussi savoir les couper, les peindre, puis les cuire dans un four construit par lui-même.

Ensuite, il doit savoir assembler ces verres dans une structure suffisamment solide pour résister au poids de ces derniers, ainsi qu'à la force du vent et des outrages du temps. Le sertissage des pièces de verre utilise du plomb ce qui nécessite de la part du maître verrier de savoir réaliser des moules. La soudure se fait avec de l'étain.

 

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La chapelle méridionale du transept est consacrée à Marie, mère de Jésus. Au fond de cette chapelle se trouvait une statue en bois de chêne du 13ème siècle représentant une Vierge en majesté. Elle a été remplacée par une copie. L'original est conservé à l'Hôtel Dieu de Mantes la Jolie. Certains reconnaissent en ses traits ceux de Blanche de Castille tenant dans ses bras son fils, le futur saint Louis.

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Aux 7ème et 8ème siècle, il y eut des oppositions violentes entre ceux qui brisaient les icônes (les iconoclastes) car ils considéraient comme idolâtres, la représentation et la vénération des images du Christ et des saints, et ceux qui utilisaient les icônes pour pratiquer leur foi. C'est le deuxième concile de Nicée, en 787, qui trancha sur le plan théologique cette querelle en affirmant : "Il est permis de vénérer les images de Jésus, Marie ou des Saints, non pas pour elles-mêmes, mais pour ce qu'elles représentent".

C'est dans ce cadre théologique que les intérieurs des églises du Moyen-Age furent ornés de nombreuses représentations religieuses.

Les fresques qui décorent la chapelle sont du 16ème siècle. Une description ancienne explique qu'elles représentaient :

sur le mur oriental, le Jugement dernier, avec le Christ trônant parmi les élus et les damnés;

sur le mur occidental, la transfiguration des anges portant les instruments de la Passion (clous, marteau, couronne d'épines);

sous l'arc du transept, six anges portant des instruments de musique : violon, harpe, guitare, orgue, haubois, flûte.

 

Le Jugement dernier est un thème traditionnel des églises du Moyen-Age. La mort côtoie la vie car celle-ci est courte pour la grande majorité de la population à cause des conditions de vie, notamment lorsqu'il y a un hiver rigoureux, une famine due à de mauvaises récoltes ou à une épidémie.

A l'automne 1347, des navires génois venus de Mer Noire abordent la Sicile puis le port de Marseille en apportant une maladie qui avait été absente depuis six siècles : la peste noire. Le manque d'hygiène dans les villes devenues surpeuplées du fait de la croissance démographique des deux siècles précédents fait que la maladie se propage vite.

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Il est difficile de quantifier l'impact d'une telle maladie sur une population déjà rudement éprouvée par de mauvaises récoltes en 1346 et 1347. A titre d'exemple, l'examen des registres de la paroisse St Nizier à Lyons montre qu'en quatre ans, on décompte 1000 morts pour une population de l'ordre de 3000 à 4000 personnes.

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L'Eglise voit ses évêques, prêtres et enseignants décimés qu'elle remplacera par des novices bien moins formés qui auront du mal à endiguer la montée des superstitions alimentées par la peur de la mort. Ce n'est que dans la seconde moitié du 15ème siècle que la peste recule. Mais le traumatisme et cette atmosphère de fin du monde restera dans la mémoire collective. Pour preuve, lorsque les médias ont évoqué la possibilité d'une pandémie avec le virus du SRAS, puis avec le virus H5N1 responsable de la grippe aviaire et maintenant avec le virus H1N1 de la grippe porcine, le spectre des épidémies de peste qui ont sévi au Moyen-Age et jusqu'au début du 18ème siècle resurgit de façon diffuse dans les mémoires.

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De quelle liberté disposait le peintre dans les réalisations des cartons pour le maître verrier ou des fresques murales ? Le deuxième concile de Nicée (787) qui trancha la querelle iconoclastique répondit à cette question : « la composition des images religieuses n'est pas laissée à l'inspiration des artistes; elle relève des principes posés par l'Eglise et la tradition religieuse ».

Les représentations que vous voyez obéissaient donc à des codes, des conventions définies par l'institution religieuse et qui étaient connues par tous : paysans, artisans, ouvriers, bourgeois, clercs, prélats et nobles. Le peintre se contentait d'exécuter les directives du théologien.  Toutefois, ce n'était pas ressenti comme une source de contraintes pour l'artiste car il ne revendiquait pas le droit à une inspiration personnelle. Chacun avait son rôle dans les réalisations religieuses.

A partir du 14ème siècle, les riches particuliers vont passer commande d'œuvres pour leur agrément, ce qui va donner à l'artiste l'occasion de sortir du cadre rigide de l'art sacré et de disposer de plus de liberté dans la conception des œuvres. Mais cette ouverture ne sera que de courte durée car la guerre et les épidémies vont sévir entre la seconde moitié du 14ème siècle et la première moitié du 15ème siècle. Ce n'est qu'à la fin du 15ème siècle que l'émancipation de l'artiste commencera, quand les fortunes séculières songeront à utiliser leur richesse pour bâtir des résidences privées luxueuses. La renaissance de la culture Antique conduira les artistes à faire des représentations symboliques empruntées aux mythologies grecques et romaines  dont le sens échappera au petit peuple. Ainsi va apparaître une culture accessible uniquement à une élite intellectuelle et émerger la notion d'artiste telle que nous la connaissons encore aujourd'hui, c'est à dire un être totalement libre de son inspiration et de son expression.

Le fond du cœur est occupé par 32 stalles en bois qui datent du 15ème siècle. Autrefois, elles étaient situées au niveau des deux premières travées.

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Leurs dossiers, leurs accoudoirs et leurs miséricordes sont décorées généralement de scènes de la vie quotidienne.


 

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Toutefois, on trouve aussi des scènes sous les miséricordes dont il serait intéressant de rechercher le symbolisme.

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Les représentations des panneaux sont inscrites sous des arcatures en ogive. On y trouve des rois, des reines ou des saints.

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Nous nous trouvons maintenant dans la zone commune au transept et à la nef centrale. Il s'agit de la croisée du transept. Elle est surmontée d'un clocher. La vôute repose sur des croisées d'ogives qui participent à la solidité de l'édifice, au même titre que des arcs boutants et qui la divisent en quatre partie (voûte quadripartite) ce qui correspond au type le plus couramment utilisé dans l'art gothique classique.

Deux pierres tombales dans la partie occidentale de l'édifice se trouvent près du mur septentrional.

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La première est un gisant bien conservé représentant un prélat non identifié (il s'agit sans doute d'un évêque puisqu'il a une mitre, une crosse et un anneau).


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La deuxième pierre tombale est une stelle d'un ecclésiastique, vraisemblablement il s'agit de Thomas de Brienne, prieur de Gassicourt, mort en 1278. Ce n'est pas le plus célèbre. En effet, il est à signaler que Bossuet, évêque de Meaux et précepteur du fils de Louis XIV fut abbé de Gassicourt.

Au début du christianisme, les fidèles étaient enterrés dans les cimetières. Les martyrs faisaient exception à la règle car ils étaient enterrés soit dans l'église, soit on leur dressait des tombeaux sur lesquels on bâtissait une église.

L'empereur Constantin en se faisant inhumer en dessous du portique du temple des apôtres à Constantinople se mit en rupture par rapport à ces usages. L'empereur Honorius suivit son exemple en se faisant enterrer sous le portique de la basilique Saint-Pierre au Vatican. Dès lors, l'usage de se faire enterrer sous les porches et entrées des églises se généralisa.

Le droit de se faire enterrer à l'intérieur des églises fut ensuite obtenu. Au début, les évêques n'accordaient ce droit qu'aux personnes méritantes. En 895 le Concile particulier de Tibur (actuellement Tivoli) l'étendit aux clercs de l'église. Cependant, la commercialisation de ce droit fit que cette discipline se relâcha et les laïcs, à commencer par les nobles, obtinrent eux-aussi, des emplacements dans les églises pour leur inhumation. Par exemple, le roi Dagobert, bienfaiteur de l'abbatiale édifiée autour du sanctuaire de Saint Denis, y fut inhumé en 639, près des reliques du saint.

Pour se distinguer du commun des fidèles, les plus riches recherchaient les emplacements dans le coeur. Toutefois, il ne fallait pas mélanger les laïcs et les ecclésiastiques ! En effet, le Concile de Trente (1545-1563) demanda « que les sépultures du clergé soient, si possible, séparées de ceux des laïcs et placées dans un lieu plus honorable ».


Un décret royal datant de 1776 supprima d’une façon absolue la sépulture dans les églises. Cette interdiction fut confirmée pour tous les lieux de culte par un décret de Napoléon.

Face à l'usage au Moyen-Age de se faire inhumer dans les églises, il est intéressant de rappeler la pensée de Saint Augustin dans ce domaine. Celui-ci explique que si, pour les Anciens, le sort des défunts dans l'au-delà était lié aux rites funéraires et à la sépulture, ces rites ne sont plus d'aucun secours, dans la perspective du salut. Le lieu d'ensevelissement et la tombe n'ont aucune importance : "Les fidèles ne perdent rien à être privés de la sépulture comme les infidèles ne gagnent rien à la recevoir".

La présence des pierres tombales dans les églises ne correspond donc pas à la pensée de l'évêque d'Hippone qui a contribué grandement à la Doctrine de l'Eglise. Ces pierres témoignent de la capacité qu'a eu l'Eglise de composer avec les coutumes laïques.

Notons que la question de l'inhumation reste encore présente aujourd'hui. Combien de familles souffrent de ne pas pouvoir enterrer les membres disparus en mer ou suite à un tremblement de terre ou dans un incendie ? On mesure alors le fossé qui existe encore avec Augustin qui, en citant les Écritures (Psaumes 79 (78), verset 2 ; Deutéronome 28, verset 26), affirme que les cadavres peuvent être jetés en pâture aux « oiseaux du ciel » et aux « bêtes de la terre », car les bêtes qui les dévorent ne peuvent rien contre des corps destinés à la résurrection.

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Si le bas-côté septentrional est occupé par deux tombes qui rappellent le caractère éphémère de la vie terrestre, les fonts baptismaux du bas-côté méridional rappellent au chrétien l'espérance suscitée par son entrée dans l'Eglise et sa foi en Jésus de Nazareth, le Christ. La cuve est une pierre calcaire massive, protégée par un couvercle doré orné de feuilles de vigne. L'ensemble date du 13ème siècle.

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Comme beaucoup de fonts baptismaux, la cuve est de forme octogonale, symbole au Moyen-Age, de renouveau, de renaissance. Le huit est un symbole antique de renouveau car le huitième jour marque le début d'une nouvelle semaine. Clément d'Alexandrie écrivait au sujet du baptême « Celui que le Christ fait renaître est placé sous le signe du Huit » afin de faire écho avec Paul de Tarse qui s'adressait aux habitants de Rome : «Ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés ? Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions nous aussi une vie nouvelle» (Lette aux Romains, chapitre 6,versets 3 et 4, TOB)

 

Les feuilles de vigne du couvercle ont certainement une dimension symbolique, en plus de leur rôle ornemental. La culture de la vigne remonte au moins à huit millénaires car on a retrouvé trace à cette époque de cette activité dans le Caucase qui est, selon le livre de Genèse de l'Ancien testament, la région où s'est échouée l'arche de Noé, après que les eaux du Déluge se soient retirées.  Toujours selon ce livre : « Noé fut le premier agriculteur. Il planta une vigne et il en but le vin » (Genèse 9, verset 20, TOB). La Bible contient de nombreuses références à la vigne dans l'Ancien et le Nouveau testament. D'un signe de bénédiction divine, la vigne va passer à l'état de symbole du peuple d'Israël, c'est à dire le peuple élu de Dieu. Dans le Nouveau testament, la vigne symbolise le lien entre Jésus de Nazareth, et l'Eglise en tant que communauté de ceux qui ont foi en lui."Je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent." (Evangile de Jean, chapitre 15, versets 5 et 6, TOB).

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Le portail étant fermé, je vous invite à sortir par la petite porte du bas-côté méridional, là où nous sommes entrés.

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Avant de sortir, jeter un coup d'oeuil sur le bénitier. Il est fait en pierre de taille, sans ornement, contrairement à ceux des églises de style baroque. En entrant dans l'église, les fidèles trempent le bout des doigts de la main droite dans l'eau bénite puis font un signe de croix en disant « Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen ». C'est une symbolique de purification destinée à laver l'âme des péchés véniels. C'est à partir du Moyen-Age qu'on distingue le péché véniel, c'est-à-dire de faible importance ou commis sans se rendre compte du mal, et le péché mortel, d'importance grave et commis en connaissance de cause. Ce dernier péché est mortel pour la personne qui le commet dans le sens où il la coupe définitivement de la relation d'avec Dieu, ce qui la conduit en enfer si elle ne s'en repent pas.

 

La vie spirituelle du chrétien au Moyen-Age est donc accompagnée par des symboles. Leur rôle n'est pas de dissimuler une vérité cachée. Au contraire, leur signification était connue de tous afin que chacun puisse faire le lien avec la réalité immatérielle auquel le symbole était associé. Il en était déjà ainsi dans l'Antiquité. Les textes de la Bible en sont le témoignage et le Moyen-Age s'inscrit dans la continuité de cette culture antique du symbole. Ce n'est qu'à partir de la Renaissance que les symboles vont devenir moins présents dans la vie spirituelle collective, au point que ce mode de pensée finira par être déconsidéré.

 

Notre visite s'achève ou plutôt notre voyage dans le temps. Néanmoins, je vous conseille de vous asseoir et de profiter encore quelques instants de cette ambiance particulière qui règne dans une église du Moyen-Age. L'épaisseur des murs isole des bruits de l'extérieur et favorise le recueillement. La hauteur des voûtes communique un sentiment de solennité. La relation avec la lumière est différente de l'extérieur car elle est porteuse de messages par l'intermédiaire des vitraux.

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Ensuite, il ne vous restera plus qu'à franchir cette petite porte pour quitter le monde du Moyen-Age et retrouver le nôtre.

 

Comme je l'ai dit au début de cette présentation, l'environnement urbain de cette église fait qu'elle donne l'impression d'être hors du temps. On peut aussi considérer qu'elle est un rescapé de l'Histoire dont voici les grandes étapes.

 

Les deux premiers siècles (11ème et 12ème siècle) se sont plutôt bien passés. Après avoir acheté les terres de Gassicourt, l'abbaye fit construire un prieuré autours de l'église, dédié à Saint-Sulpice.

 

Au 13ème siècle, elle a bénéficié d'un remaniement du chevet et du transept qui l'a embellit. C'était le beau siècle du Moyen-Age, incarné par le règne de Louis IX, devenu par la suite Saint-Louis, où les mémoires retiennent l'exaltation de la foi, la justice assurée et une économie en expansion. Mais cette croissance économique va être victime de son succès car l'augmentation de la population va finir par être plus rapide que les ressources. La volonté du successeur de Saint-Louis, Philippe le Bel d'instaurer une monarchie centralisée et autoritaire va conduire au développement d'une administration royale nécessitant des moyens financiers nouveaux ce qui va tendre les relations avec la papauté, à la fin du 13ème siècle (bulle Clericis Laicos émise par le pape Boniface VIII en 1296 dans laquelle il déclare qu'aucun prince séculier ne peut exiger une contribution sur les biens de l'Eglise sans l'autorisation de son chef, sous peine d'excommunication pour les laïcs et de déposition pour les clercs).

 

Au 14ème, 15ème et 16ème siècles, il n'y aura plus de grands travaux mais grâce aux ressources du prieuré, l'église sera entretenue et embellie. Les stalles (15ème siècle) et les vestiges de peintures des murs et de la voûte de la partie sud du transept (16ème siècle) en sont le témoignage.

 

Au 17ème et surtout au 18ème siècle, les prélats rêvent de mettre au goût du jour leurs vieux édifices du Moyen-Age. L'essor du Baroque et du Classicisme en est l'origine. Toutefois, l'église, dédiée maintenant à Sainte Anne, va échapper, comme beaucoup de petits édifices religieux du Moyen-Age, faute de moyens financiers suffisants du monastère. On ne se rend pas bien compte aujourd'hui de ce saccage car les restaurations du 19ème siècle ont permis de retrouver en grande partie la conception originale des édifices du Moyen-Age comme la cathédrale Notre-Dame de Paris, grâce au travail obstiné de l'architecte Viollet-le-Duc. Mais, pour Jean Gimbel, dans son livre consacré aux bâtisseurs de cathédrales, ces saccages avaient une ampleur bien plus importante que les dégradations opérées sous la Révolution française.

Cependant, elle ne va pas échapper aux conséquences du déclin du monastère, victime du régime de la commende qui avait cours au 18ème siècle. Par ce régime, les monastères deviennent des propriétés de rapport. En 1738, le monastère est acheté par le marquis de Rosny. L'année suivante, les moines partent. L'église est alors louée au curé de Gassicourt et ne servira plus qu'aux paroissiens du village. L'année suivante, le monastère qui entoure l'église est détruit. Il ne reste plus que le réfectoire au niveau de la sacristie. L'église sera ensuite vendue à Talleyrand qui a son tour la vendra. Toutefois, l'église garde sa vocation religieuse.

 

Au 19ème siècle, l'église fut restaurée (entre 1856 et 1874 par l'architecte mantais Alphonse Durand). Grâce à sa valeur artistique, elle est classée monument historique en 1862.

 

Au 20ème siècle, l'église entre dans le patrimoine communale en vertu de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, votée en 1905. Le 30 mai 1944, Mantes est écrasée sous les bombes ; plus de 1200 victimes civiles sont recensées. L'église n'échappera pas aux bombes car la nef romane fut endommagée. Après la guerre, elle sera restaurée.

 

En ce début de 21ème siècle, l'éclairage intérieur a été refait avec le concours de l'association Valeur et Culture de la Vallée de la Seine. Le prochain chantier est la remise en état des vitraux. C'est ainsi que notre patrimoine culturelle et historique est maintenue. J'espère que cette visite commentée de cette église montrera l'intérêt de maintenir ces petites églises qui ont fleuri au début du deuxième millénaire comme autant de petites fleurs dans un jardin lorsque l'hiver se retire avec son grand manteau blanc.

Je le souhaite car ce sont les témoins d'une époque qui, selon l'historien Laurent Theis, a été marquée par l'équilibre, l'épanouissement et le rayonnement. Une époque où il n'y avait pas d'antagonisme entre l'institution religieuse (la cathédrale), le savoir (l'université) et le pouvoir (la royauté). Notre monde du 21ème siècle a surement des leçons à tirer du Moyen-Age car comme le dit un proverbe d'Afrique du Nord où Augustin, grand inspirateur de la pensée religieuse de cette époque, est né et a exercé sa charge d'évêque : « Le passé est toujours présent pour guider vers le futur ».

 

Notes et références :

Sainte Anne : selon des textes apocryphes écrits entre les 2ème et 6ème siècles, est la mère de Marie et donc, la grand-mère maternelle de Jésus de Nazareth.

Concernant mes références historiques sur le Moyen-Age :

Les bâtisseurs de cathédrales – Jean Gimbel – Editions du Seuil, 1980 – ISBN 2.02.00.5662.3

Historiarum libri quinque ab anno incarnationis DCCCC usque ad annum MXLIV (Cinq livres d'histoires depuis l'an 900 après l'Incarnation jusqu'en l'an 1044) - Rodulfus Glaber. Voir l'article de Wikipedia consacré à cet auteur (Raoul Glaber).

Histoire de Moyen-Age français ; Chronologie commentée de Clovis à Louis XI 486-1483 – Laurent Theis – PERRIN, Paris, 1992 – ISBN 2.262.00718-7

La France Médiévale – sous la direction de Jean Favier – Fayard, 1983 – ISBN 2.213.01307.1

 

Mes sources d'informations sur l'église de Gassicourt :

On trouve dans l'église de Gassicourt une plaquette de présentation éditée par la Maison du Tourisme du Mantois.

On trouve aussi un certain nombre d'informations sur cette église dans « Le Patrimoine des Communes des Yvelines » (ISBN : 2-84234-070-1) aux éditions Flohic dans la collection « Le Patrimoine des Communes de France » dans la section consacrée à Mantes la Jolie (page 406).

Il y a aussi un article de Wikipédia dédié à cette église.

 

Quelques précisions au sujet de la prière vers le Levant et des Pères de l'Eglise :

 

Au sujet de l’usage chrétien de prier vers le Levant et de son influence sur l'architecture des édifices religieux, on pourra se reporter :

- aux pages 84 à 88 (« Tournés vers l'Orient ») du livre « Le baptême et ses symboles: aux sources du salut » écrit par Gérard-Henry Baudry et publié par Editions Beauchesne en 2001 (ISBN 2701014158, 9782701014159) dans la collection « Le point théologique »

- au §2.4.4 (« L’héliolâtrie ») de la thèse de doctorat soutenue par Xavier Levieils en 2003 à l’université de la Sorbonne (Paris) intitulé : « Contra Christianos – La critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45 – 325) ». Cette thèse a été publiée par Walter de Gruyter en 2007 (ISBN : 3110195542).

 

Tertullien (Quintus Septimus Florens Tertullianus) : écrivain chrétien latin, d’origine berbère païenne, né à Carthage vers 155, converti au christianisme et fut élu prêtre selon Jérôme de Stridon. Cet écrivain est le premier figurant dans la Patrologie latine. Un de ces ouvrages les plus fameux est l’Apologétique (Patrologie latine, volume 1, colonnes 257 à 536) où il défend le christianisme face aux critiques des non-chrétiens de son époque. Il existe une traduction littérale en français de cet ouvrage accessible en ligne (www.tertullien.org).

 

Patrologie latine : recueil des textes latins écrits par les maîtres de la doctrine chrétienne durant l'Antiquité (« les Pères de l'Eglise ») et durant une grande partie du Moyen-Age (le dernier auteur est le pape Innocent III mort en 1216), soit une période d'environ 1000 ans. Ce recueil comporte 217 volumes. Le site Internet de la « Documenta Catholica Omnia » permet de le consulter en ligne.

 

Augustin d’Hippone (Aurelius Augustinus), ou saint Augustin, est né à Thagaste en Numidie (actuelle Souk-Ahras, Algérie) en 354, d'un père païen et d'une mère chrétienne, Sainte Monique. Philosophe, théologien, il fut évêque d'Hippone (actuelle Annaba, Algérie) où il mourut en 430. Son nom de famille Aurélius suggère que ses aïeux ont été naturalisés (édit de Caracala en 212). C'est par ailleurs un des plus brillants écrivains latins de la fin de l'empire romain qui eut une influence prépondérante dans la pensée chrétienne occidentale.

- C’est le théoricien de l’histoire du christianisme.

- Il est le père du latin ecclésiastique, outil unique de toute la culture philosophique du Moyen Âge et de la Renaissance.

- Il a posé les fondements de la culture chrétienne.

- Il a défini les bases de la séparation des pouvoirs spirituel et temporel, question qui ne cessera de tourmenter l’Église.

- Il a légué l’ambiguïté sur la grâce, qui inspirera les réformateurs du XVIe siècle, Calvin et Luther, ainsi que les jansénistes du siècle suivant.

Augustin est l'un des Pères de l'Eglise latine et fait partie des docteurs de l'Eglise.

Les écrits d 'Augustin au sujet de la prière vers l'Est peuvent être retrouvés dans le volume 34 de la Patrologie latine en colonne 1277.

 

Clément d'Alexandrie (Titus Flavius Clemens) : théologien, d'origine païenne, né à Athènes vers 150 et mort en Asie Mineur vers 220 (c'est donc un contemporain de Tertullien). Il dirigea l'école théologique d'Athènes (encore appelé « le Didescalée »). Clément d'Alexandrie est un des premiers théoriciens de l'Église à avoir présenté le christianisme comme une philosophie, en cherchant à réconcilier les prophètes bibliques et les philosophes grecs. Auteur de plusieurs ouvrage dont « Le Pédagogue ».

 

La théologie de la lumière

Wikipedia consacre un petit article à ce sujet.

Il y a aussi une référence à cette théologie dans la présentation de la basilique Saint Denis faite dans le portail Internet www.tourisme93.com.

« Cette nouvelle architecture prestigieuse est à l’image du royaume capétien en pleine expansion. Issue de la synthèse d’expériences techniques européennes, elle est liée à une conception théologique de la lumière qui s'inspire des textes mystiques du Pseudo-Denys, l'une des bases de l'enseignement de l'époque »

Il est à noter que le polymorphisme de la lumière n'est pas l'apanage de la théologie de la lumière. En effet, la Physique considère la lumière comme un ensemble d'ondes électromagnétiques (comportement ondulatoire de la lumière) mais aussi comme un flux de particules énergétiques de masse null, les photons (comportement corpusculaire de la lumière).

La peste

Beaucoup de choses ont été écrites. Je suis tombé par hazard sur l'article d'un internaute dont voici l'adresse:

http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/histoire/metiers/peste.htm

(presque) Tout savoir sur le symbole de la vigne dans la Bible ?

Si c'est votre cas alors je vous conseille d'aller sur le portail de l'Eglise catholique en Gironde qui consacre un dossier sur ce sujet.

 

 

A propos des techniques liées à la construction des églises du Moyen-Age :

 

Pour en savoir plus sur les voûtes d'église, vous pouvez aller consulter l'article de Wikipedia consacré à ce sujet.

 

Concernant les vitraux, les quelques informations qui vont été données proviennent de l'article suivant :

Un traité technique exceptionnel : L'oeuvre d'Antoine de Pise, maître verrier talentueux
Par Katia Bienvenu (éditrice d'ouvrages d'art)

Article paru dans le Thématique n° 16 (Février-Mars-Avril 2009) de la revue Histoires et images médiévales (http://www.histoire-images-medievales.com).

 

    Cet article invite ceux qui veulent en savoir plus à lire l'ouvrage édité par le CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques, http://www.cths.fr) :

    Antoine de Pise. L'art du vitrail vers 1400.

    Claudine Lautier et Dany Sandron

    Paris, ISBN : 978-2-7355-0659-0

Réflexions sur les sépultures funéraires dans les églises

Elles sont basées sur le chapitre :

Un culte chrétien des morts ?
Doctrine de l'Église, coutumes des peuples (Ve-IXe siècles)

de l'ouvrage suivant :

La mémoire des ancêtres, le souci des morts
Morts, rites et société au Moyen Âge
(Diocèse de Liège, XIe-XIIIe siècle)

Michel LAUWERS
Beauchêne, Paris, 1997

J'ai consulté aussi

Dictionnaire de droit canonique et de pratique bénéficiale - Tome V

M. Durand de Maillane

Troisième édition

Librairie Joseph Duplain, Lyon, 1776

page 284

 

Consulter Wikipedia pour en savoir plus sur les fonts baptismaux.

 

Au sujet du régime de la commende (d'après un article de Wikipedia) :

L'abbé commendataire possédait un bénéfice en commende (cest-à-dire en garde, en dépôt). Il jouissait seulement des produits du bénéfice. Si il n'était pas un ecclesiastique alors le pouvoir spirituel était alors confié au second de l'abbé appelé prieur. Le commendataire pouvait également être épaulé dans sa gestion de plusieurs bénéfices par une personne extérieure aux communautés religieuses concernées : le vicaire général.

Grâce au partage de la mense abbatiale (revenus de l'abbaye) en trois lots, l'abbé recevait au moins un tiers de la mense (bien souvent plus encore), la communauté religieuse un autre tiers. Enfin le troisième lot était dévolu au paiement des charges.

Ce régime provoqua le déclin ou la décadence de nombreuses abbayes car l'abbé commendataire pouvait être un laïc ou un clerc, c'est à dire non assujetti aux obligations religieuses du monastère, et poursuivre des objectifs purement matériels.