Cisseron

Réflexions et échanges avec les autres sur tous les sujets de la vie.

24 juillet 2008

Requiem pour un con : nouvelle version

Ecoute les orgues
Elles jouent pour toi
Il est terrible cet air là
J'espère que tu aimes
C'est assez beau non
C'est le requiem pour un con

Je l'ai composé spécialement pour toi
A ta mémoire de bonne poire
C'est un joli thème
Tu ne trouves pas
Semblable à toi même
Pauvre con

Voici les orgues
Qui remettent ça
Faut qu't'apprennes par coeur cet air là
Que tu n'aies pas même
Une hésitation
Sur le requiem pour un con

Car la prochaine fois
Que tu voies une fille
Faut que tu disparaisse
Faut que tu me laisses faire
Pauvre con

Quoi tu me regardes
Tu n'apprécies pas
Mais qu'est-ce qu'y a là dedans
Qui t'plaît pas
Pour moi c'est idem
Que ça t'plaise ou non
J'te l'rejoue quand même
Pauvre con

Ecoute les orgues
Elles jouent pour toi
Il est terrible cet air là
J'espère que tu aimes
C'est assez beau non
C'est le requiem pour un con

Je l'ai composé spécialement pour toi
A ta mémoire de bon pigeon
Sur ta figure ahurie
Dans la prison où tu t'es mis
J'inscrirai moi-même : " Pauvre con "

Vous avez reconnu les paroles de la chanson de Serge Gainsbourg "Requiem pour un con" ?

En fait, j'ai fait quelques changements dédiés à tous les hommes qui sont restés des petits garçons, qui ne sont pas aimés par la femme qu'ils aiment et qui n'arrivent pas à sortir de leur piège amoureux car ils ne veulent pas grandir. Puisse cette chanson modifiée être un coup de pied aux fesses salutaires pour les aider à avancer malgré tout dans la vie.

Par respect pour l'oeuvre de Serge Gainsbourg, je reproduits les paroles originales de cette chanson ci-dessous.

Ecoute les orgues
Elles jouent pour toi
Il est terrible cet air là
J'espère que tu aimes
C'est assez beau non
C'est le requiem pour un con

Je l'ai composé spécialement pour toi
A ta mémoire de scélérat
C'est un joli thème
Tu ne trouves pas
Semblable à toi même
Pauvre con

Voici les orgues
Qui remettent ça
Faut qu't'apprennes par coeur cet air là
Que tu n'aies pas même
Une hésitation
Sur le requiem pour un con

Quoi tu me regardes
Tu n'apprécies pas
Mais qu'est-ce qu'y a là dedans
Qui t'plaît pas
Pour moi c'est idem
Que ça t'plaise ou non
J'te l'rejoue quand même
Pauvre con

Ecoute les orgues
Elles jouent pour toi
Il est terrible cet air là
J'espère que tu aimes
C'est assez beau non
C'est le requiem pour un con

Je l'ai composé spécialement pour toi
A ta mémoire de scélérat
Sur ta figure blême
Aux murs des prisons
J'inscrirai moi-même : " Pauvre con "

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L' Amour, encore l' Amour !

L' Amour est un don de soi qui fait à l'autre.

Il ne faut pas demander à l' Amour de combler un manque affectif car l' Amour c'est donner et non prendre.

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16 juillet 2008

Annulation de mariage pour cause de non virginité

Le 20 juin dernier, j'ai lu dans 20 minutes.fr, l'article suivant :

Ils restent mariés jusqu'à mention du contraire. La cour d'appel de Douai a prononcé hier la suspension de l'inscription à l'état civil de l'annulation d'un mariage pour cause de mensonge de l'épouse sur sa virginité. Cette décision ne concerne pas le fond du dossier, à savoir l'annulation du mariage décidée par le tribunal de grande instance de Lille, et contre laquelle le parquet a fait appel. Mais elle empêche simplement que l'annulation soit inscrite à l'état civil et que les deux parties puissent se remarier.

Selon le parquet, l'exécution du jugement d'annulation risquait « de causer un préjudice irréparable, tant pour les deux parties que pour l'ordre public » et aurait été « à l'origine de conséquences manifestement excessives puisqu'elle permettrait aux deux parties de contracter un nouveau mariage qui risquerait dès lors d'être annulé ». Le procureur de la Répu­blique de Lille avait agi après que l'avocat de l'époux eut demandé aux services de l'état civil de la mairie de Mons-en-Baroeul - où l'union a eu lieu - de transcrire le jugement. L'appel du parquet concernant l'annulation sera examiné par la cour le 22 septembre.

Depuis longtemps, j'ai envie de m'exprimer sur cette affaire alors je me lance.

Tout d'abord, voici un rappel des faits que j'ai trouvé sur le site Afrik.com :

Il s’était marié, espérait-il, à une femme vierge. Le soir des noces, le 8 juillet 2006, il découvre que sa nouvelle épouse l’a trompé. Dès le lendemain de l’incident, le jeune homme porte l’affaire devant la justice : il souhaite l’annulation du mariage musulman qu’il a contracté. Le tribunal de grande instance de Lille a donné raison à l’ingénieur trentenaire, de confession musulmane, en avril en accédant à sa requête « pour erreur sur les qualités essentielles » de sa compagne. La décision s’appuie sur l’article 180 du code civil. Il prévoit que « s’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne (elles renvoient aux qualités qui déterminent le consentement de l’autre, ndlr), l’autre époux peut demander la nullité du mariage » dans un délai de cinq ans. La justice française a estimé que le jeune homme s’était engagé « sous l’empire d’une erreur objective » qui était « déterminante dans son consentement ».

[...]

Un jugement « parfaitement logique » selon l’avocat de l’époux, Me Labbée, car « l’épouse a reconnu qu’elle avait menti ». « On aurait pu faire un divorce par consentement mutuel (...) J’ai opté pour la procédure de « "nullité relative" car c’est celle qui correspond le mieux » à la situation, a–t-il expliqué à l’AFP. Ici, il y a un vice dès le départ ». Afin de recadrer un débat qu’il juge focalisé à cause de la question de la virginité, le procureur de Lille Philippe Lemaire a également rappelé que le verdict était « assez conforme à la jurisprudence classique ». « La question, ce n’est pas la virginité, c’est la liaison qu’elle a eue avant et qui a été cachée. (…) C’est le mensonge qui motive la décision du juge », a confié le magistrat à l’AFP.

Comme l'article 180 du code civil est cité et que j'ai l'édition Dalloz de ce dernier, j'ai lu ce qu'il disait et j'en reproduit le texte des deux alinéas ci-après :

« Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux époux, ou de l'un d'eux, ne peut être attaqué que par les époux, ou par celui des deux dont le consentement n'a pas été libre. »

« S'il y a eu erreur dans la personne ou sur les qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage ».

Concernant la jurisprudence à l'égard de la notion d'erreur sur les qualités essentielles de la personne, l'éditeur Dalloz rapporte les cas suivants :

lorsque l'un des époux a été tenu dans l'ignorance d'une liaison que son conjoint n'avait nullement l'intention de rompre. TGI Le Mans, 7 décembre 1981.

a ignoré que son conjoint avait la qualité de divorcé. Trib. Civ. Bordeaux, 9 juin 1924.

... ou de condamné de droit commun. TGI Paris, 8 février 1971

... ou lorsqu'il s'est trompé sur sa nationalité. Trib. Civ. Seine, 4 février 1918 et 2 janvier 1920

... ou sur son aptitude à avoir des relations sexuelles normales. Paris, 26 mars 1982

... ou à procréer. TGI Avranche, 10 juillet 1973

... ou sur son intégrité mentale, TGI Rennes, 9 novembre 1976

J'ai également trouvé un article apportant des commentaires sur la notion juridique d'annulation du mariage (trouvé dans le site Internet « Le Point.fr ») :

Ce sont les mariages "blancs" ou de complaisance, contractés pour obtenir des papiers, un toit ou la nationalité française, qui constituent la grande majorité des cas d'annulation.

La bigamie, l'impuberté ou l'inceste, autres causes de nullité du mariage, sont rares. Les mariages non consommés (par impuissance du mari notamment) qui, en droit canonique, étaient susceptibles d'annulation, ne sont plus sanctionnés. En revanche, un mariage peut être annulé parce qu'il est uniquement destiné à obtenir un avantage financier (mariages "calculés") ou pour vice du consentement. "S'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage", dit l'article 180 du Code civil. La loi n'énumère pas la liste de ces qualités essentielles, laissant au juge le soin de décider au cas par cas si, selon lui, les qualités invoquées sont ou non essentielles.
Des mariages ont été annulés pour défaut d'intention matrimoniale (violences physiques, menaces psychologiques) ou à la suite de mensonges sur le passé, l'état de santé ou les moeurs du conjoint : relation extraconjugale, stérilité, maladie mentale, "insanité d'esprit", ancien condamné, prostituée, "inaptitude à avoir des relations sexuelles normales", etc. L'absence de virginité de cette femme lilloise s'ajoute désormais à la liste, dans la mesure où son mari n'a pas donné son consentement à cette liaison-là, à cette femme-là. Face à la demande d'annulation, la femme n'a d'ailleurs opposé aucune objection, et cet élément a probablement pesé dans la balance judiciaire.

Cette affaire est difficile à appréhender car il y a beaucoup de choses qui s'entremêlent.

Je crois que la première chose à dire est qu'il n'y a pas de vie commune possible entre ces deux personnes puisque l'homme voulait se marier avec une femme vierge alors qu'elle ne l'est pas et que pour cet homme il s'agit d'une qualité essentielle. Le fait que cette personne ait demandé dès le lendemain l'annulation du mariage montre qu'elle est très attachée à cette notion. Il faut donc trouver une solution.

Ensuite, il faut aussi dire que le fait que l'homme soit musulman ne change rien. Les églises chrétiennes pronent aussi la virginité des deux époux avant le mariage. Il n'est pas certain non plus que les personnes qui se déclarent athées ou agnostiques soient complètement insensibles à cette question lorsqu'ils envisagent de se marier avec quelqu'un autre, ne fusse que pour un aspect simplement médical en raison des infections ou des maladies sexuellement transmissibles, dont la plus terrible d'entre elle est le SIDA.

En France, comme dans beaucoup de pays, il y a deux façons de se délier d'une personne avec laquelle on vient de se marier : l'annulation ou le divorce.

Les conséquences morales ne sont pas les mêmes. Dans l'église catholique, par exemple, le mariage est indissoluble depuis le XVIème siecle : on ne peut pas divorcer. Je crois même que les personnes divorcées qui se remarient civilement n'ont plus le droit de communier. Dans la jurisprudence de l'article 180, on trouve un cas d'annulation parce que le conjoint n'avait pas dit qu'il était divorcé d'un précédent mariage.

Les conséquences financières peuvent non pas être les mêmes aussi, surtout si le mariage a été placé dans le cadre de la communauté universelle et qu'il y a une disparité de fortune au niveau des époux.

L'annulation du mariage présente l'avantage de conserver toute sa « virginité » du point de vue de l'état civil et de ne pas subir les conséquences financières d'un divorce.

Au niveau du choix du type de procédure, je pense qu'il est difficile d'aller plus loin dans les commentaires. Remarquons que les deux personnes sont d'accord sur le choix de la procédure et je pense qu'il faut respecter leur choix.

Avant cette affaire, il y en a eu beaucoup d'autres comme le témoigne la lecture de la jurisprudence et certainement pas simple à juger, comme l'annulation pour inaptitude à procréer. Dans ce dernier cas, on peut également s'indigner car l'inaptitude à procréer ne relève pas d'une faute morale mais il faut comprendre aussi l'aspiration de l'autre de faire des enfants avec son conjoint. C'est dur pour la personne qui ne peut pas procréer mais ce serait aussi dur pour l'autre qui a envie d'avoir des enfants. Dans une telle situation, la Justice ne peut pas contenter les deux personnes, elle est obligée de choisir. Elle a choisi d'annuler le mariage. Je comprend cette décision car la société ne peut pas imposer à quelqu'un de vivre pour le restant de ses jours avec une personne dont certaines qualités sont incompatibles de son projet de vie et cachées avant le mariage car le mensonge est une façon d'arracher le consentement de l'autre. Certes, on n'est pas dans le domaine de la violence mais obtenir le consentement de l'autre en le trompant sur l'une des qualités qu'il juge essentielle revient à ne pas lui accorder le droit de donner librement son consentement. Or c'est le principe du premier alinéa de l'article 180 du code civil.C'est dans cet esprit que le tribunal de Lille a accédé à la demande de l'époux.

Voici donc la thèse de ceux qui soutiennent l'annulation de ce mariage.

Je vous propose maintenant d'examiner l'antithèse.

Il a été dit précédemment que l'article 180 du Code civil n'énumère pas la liste de ces qualités essentielles, ce qui laisse au juge le soin de décider au cas par cas si, selon lui, les qualités invoquées sont ou non essentielle. Est-ce que le juge a pour autant une entière liberté pour décider si une qualité est essentielle ou non pour le mariage ?

La réponse est non. Pourquoi ?

Parce que la notion de qualité essentielle doit être partagée par une majorité de citoyens et de citoyennes de la France. Or, l'émotion soulevée par cette décision de justice permet de douter du fait que la virginité d'une personne, homme ou femme, puisque notre Constitution de 1958 impose que « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme » (3ème article du préambule de la Constitution de 1946 qui est un des textes fondateurs appelés dans le préambule de celle de 1958) soit une qualité essentielle pour le mariage.

Pourquoi la qualité essentielle invoquée par le demandeur de l'annulation doit être une notion partagée par une majorité de citoyens ?

Elle doit l'être en vertu de l'article 6 de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, autre texte fondateur appelé dans le préambule de notre Constitution actuelle, qui dit que la Loi est l'expression de la volonté générale. Il appartient donc au juge de le vérifier. Si il ne le fait pas alors sa décision est source de trouble à l'ordre public et le ministère publique est fondé pour faire appel de cette décision. C'est ce qui vient de se passer car beaucoup de représentants politiques, d'association, de personnalité, de bloggers se sont exprimés pour dire combien cette décision de justice les indignait.Il s'agit d'un principe fondamental de la démocratie.

Certes, la notion d'expression de la volonté générale est tout aussi subjective que celle de qualité essentielle mais la Justice, symbolisé par une balance dont le fléau est vertical, se doit de trouver le bon équilibre entre ces deux subjectivités.

Concernant le caractère essentiel pour le mariage de ne pas avoir eu de rapport sexuel avant que l'union ne soit prononcée par l'officier d'état-civil, le juge doit s'interroger non pas par rapport au système de valeurs du demandeur de l'annulation mais  par rapport à ce qui est communément admis par les citoyens français en matière de qualité essentielle pour le mariage.
Dans le domaine de la virginité sexuelle, la société française a beaucoup évolué. Après la première guerre mondiale, beaucoup de femmes françaises, encore jeunes, se sont trouvées veuves et se sont remariées. Certes le veuvage est une chose difficile à cacher, surtout lorsqu'il y a des enfants,  et le futur époux a donné son consentement en toute connaissance de cause. Cependant, avant d'invoquer la dissimulation de la qualité, il faut d'abord s'interroger sur son caractère essentiel.
On constate aussi que beaucoup de jeunes gens vivent en concubinage avant de se marier, la décision de faire un enfant étant souvent l'élément initiateur de cette démarche. Depuis la loi sur le divorce du 11 juillet 1975, le nombre d'hommes et de femmes divorcé(e)s est en augmentation. Parmi ces gens, beaucoup refont leur vie avec une autre personne et se remarient sans que l'absence de virginité ne soit un obstacle pour les deux membres du couple. Notre président de la République, Nicolas Sarkozy, est le parfait exemple de cette évolution de la société français depuis près d'un siècle maintenant.

Ma conclusion

La décision du tribunal de Lille a beaucoup choqué de personnes françaises qui n'ont pas envie de vivre dans une société où la virginité d'une femme est une qualité essentielle pour le mariage (car ce sera toujours d'elles qui sera l'objet de cette question puisque cette « qualité » est biologiquement vérifiable). Le manque de sincérité de cette femme vis à vis de son futur époux sur son antériorité sexuelle est contraire à l'esprit de loyauté que doivent avoir les époux entre eux mais elle n'est pas à retenir comme cause d'annulation puisque l'objet de ce mensonge ne porte pas sur une qualité perçue comme essentielle par la majorité des citoyens français.

Que doit alors faire ce pauvre couple qui reste marié légalement ? Je pense qu'ils auraient intérêt à changer de type de procédure en optant pour un divorce par consentement mutuel : tous les deux sont d'accord sur le fait qu'ils ne peuvent pas avoir de vie commune. Cette procédure sera sans doute plus rapide (là encore, nous pouvons citer comme exemple celui de Nicolas Sarkozy et de Cécilia) que celle de l'annulation étant donné le retentissement national de cette décision et que l'affaire peut aller jusqu'à la cour de cassation puisque la façon d'interpréter l'article 180 du code civil et l'article 6 de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 est en cause.

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13 juillet 2008

L'armada 2008 à Rouen

C'est une superbe idée qui est à l'origine de la manifestation nautique "L'Armada" car elle consistait à offrir aux gens de Rouen, limite entre le domaine fluviale de la Seine et le domaine maritime de la Manche, un moment de pur plaisir à l'occasion du début des vacances d'été. Loin d'être une approche égoïste de cette manifestation, celle-ci a été conçue comme un moment de partage ouvert à tous les normands, à tous les français, à tous les habitants du monde. C'est pour cette raison que l'accès à cette manifestation est gratuite, que la visite des navires et gratuites, que les spectacles sur les quais sont gratuites.  Pour plus de détails sur  les principes de cette manifestation, vous pouvez consulter la rubrique Présentation du site officiel de la manifestation.

Pour moi, la découverte a commencé le 14 juillet 1989, la manifestation s'appelait alors "Les voiles de la Liberté" quand je suis allé à la grande parade des navires. C'était la première fois qu'une telle manifestation se produisait  en France et des millions de personnes étaient venues au bord de la Seine, entre Rouen et Le Havre, voir ces magnifiques navires reprendre la mer. C'était grandiose et je mettais promis de venir les voir de plus près quand l'occasion se présenterait.

Bien que la journée fut très longue car je suis parti de chez moi, samedi, vers 8 h du matin et je ne suis rentré que vers 2 h du matin, le dimanche, je n'ai pas été déçu du voyage.

Pour en savoir plus sur la manifestation de cette année, je vous invite à parcourir les pages web du site officiel de la manifestation.

Le matin, dès mon arrivée à Rouen, j'ai choisi de visiter tout de suite le chouchou de la manifestation, à savoir le magnifique voilier "Amerigo Vespucci", navire école de la marine militaire italienne, amarrée quai Jean de Béthencourt, juste après le pont Guillaume le conquérant qui marque la limite du domaine fluvial.

Cependant, bien que j'étais en avance de 20 minutes par rapport à l'heure d'ouverture (10 heures), il y avait déjà tellement de gens devant moi que je ne pouvais pas espérer visiter ce bateau avant midi. J'ai fait le choix de quitter la file d'attente afin de visiter d'autres bateaux.

C'est ainsi que j'ai fait l'attente pour le bateau suivant, le "Mir" (qui veut dite "paix" en Russe), navire école de l'Académie de Saint-Petersbourg (il peut embarquer 114 cadets en formation). L'attente fut moins longue (environ 20 minutes) et j'ai beaucoup apprécié la grandeur de ce navire, ainsi que les nombreux cordages nécessaires à la mise en œuvre des voiles. J'ai été touché aussi par la gentillesse de l'accueil des cadets russe. Il est à noter qu'ils posent volontiers avec les demoiselles qui en font la demande.

A bord de ce navire, j'ai eu aussi l'occasion de regarder des danses folkloriques polonaises qui se tenaient sur le quai.

Après la pause déjeuner, j'ai repris mes visites en allant sur la rive droite de la Seine (quai de Bois-Guilbert). Mon intérêt s'est vite porté sur un autre navire école, le Cuauhtemoc (nom du dernier empereur atzèque qui signifie "l'aigle qui descend sur sa proie"), appartenant à la marine mexicaine. Là aussi, l'attente n'est pas trop longue (environ un quart d'heure) et on n'est pas déçu de la visite. Tout est impéccable et on est impressionné par la brillance des pièces de cuivre qui sont très nombreuses sur ce bateau (quel travail d'entretien cela doit présenter).

En descendant du bateau, j'ai flâné un peu sur le quai. Mon attention a été retenue sur un spectacle de musique folklorique indienne à cause de la qualité des tenues traditionnelles que portaient les trois musiciens, Oscar, Ati et Rupay et du caractère mélodieux de la musique qui mélange à la voix harmonie indienne et arrangements contemporains. Je ne me suis pas fait prier pour acheter un de leur CD. J'ai choisi "Nawpak Inkas Volume 1" proposé au prix de 15 euros (12 morceaux d'au moins 5 minutes) et j'ai retrouvé deux morceaux qu'ils ont joué sur le quai (Wayrapa Muspuy et Nina Tusuy).

Après mon achat, je me suis arrêté devant un chapiteau où trônait le plus petit bateau de l'Armada qui participe à la manifestation mais sans se mouiller, a contrario de ses grands frères. Il s'agit d'une réplique au 1/6ème d'un canoë de guerre maori (ou waka taua). Sa poupe est haute de plus de 2 m et la proue m'a impressionné à cause de la finesse de la sculpture. Cette maquette a été réalisée par le musée maritime de Rouen qui est dépositaire d'une proue maorie unique au monde (visible dans la salle des trésors du musée). Dans le numéro 290 de "Rouen magazine", remis gracieusement aux visiteurs de l'Armada avec une carte de la manifestation (ce qui explique pourquoi je mets dans cet article beaucoup d'indications géographiques), il est précisé que la pirogue a été réalisé à partir d'une seule bille de bois, un pin Douglas, de la forêt d'Eu, en l'espace de trois mois. Je suis d'accord avec le commentaire, il s'agit d'une vraie proue...esse !

Ensuite, j'avais rendez-vous à la  vedette  "La Jolie France", pour une minicroisière d'une heure sur la Seine au milieu des navires de l'Armada. Je conseille vivement la minicroisière car elle permet de voir tous les navires en économisant ses jambes. C'est ainsi que j'ai pu découvrir tous les navires de guerre de l'Armada qui se trouvent très en aval de l'impressionnant pont mobile "Gustave Flaubert", amarrés rive droite. Plusieurs pays sont représentés, en plus de la France naturellement, l'Allemagne, la Russie et le Japon.

De l'autre côté (rive gauche), se trouve le terminal céréalier de Rouen, le plus important d'Europe.

Il est à noter que la Jolie France propose une croisière d'accompagnement des navires, le 14 juillet, lors de la Grande Parade. Elle dure cinq à six heures et je pense que cela vaut vraiment le coup de s'inscrire car cela évite le tracas des embouteillages de voiture tout en profitant pleinement de l'évènement. La personne qui faisait le commentaire des navires a indiqué qu'il restait encore de la place.

Après cette petite croisière, j'ai eu envie de visiter le centre ville, notamment la place de la cathédrale. Cependant, j'étais sur la rue du Général Giraud et je n'ai pas pu traverser la rue Jeanne d'Arc car il y avait un défilé des différents équipages, en uniforme et en musique. Les Italiens, les Russes et les Mexicains, en raison de leurs effectifs et de l'immense drapeau de leur pays qu'ils tenaient, étaient les plus remarqués. L'équipage du Shabab Oman n'est pas passé inaperçu en raison de leur accompagnement musical. Tout comme celle du  Dreknor (réplique historique du grand navire de guerre viking retrouvé dans un tumulus en Norvège en 1980) qui portait les tenues de ces illustres guerriers qui ont écumé les mers et sont allés jusqu'en Afrique du Nord. J'étais à côté d'un cadet mexicain. J'ai regretté de ne pas connaître l'espagnol pour échanger quelques paroles car il était très amical, ainsi que ses amis qui étaient venus le voir. Le défilé s'est ensuite achevé avec la parade de différentes confréries rappelant l'attachement des français en général, et des normands en particulier, aux produits alimentaires de qualité.

J 'avais rendez-vous au restaurant "La Vraie Paëlla" qui avait installé un chapiteau sur le quai Jean de Béthancourt, juste en face de l'Artémis, pour un dîner-spectacle, animé par "Les vrais branchés". Le menu était tout à fait correct : coktail royal accompagné de Tapas, entrée avec salade au saumon fumé, ensuite paëlla royale, fromage et fondant au chocolat. Il est à noter la possibilité d'échanger la paëlla contre un très classique "steak haché frite" pour les enfants.

J'ai plus de difficulté pour parler du spectacle.

Je suis d'accord avec le jugement du groupe sur leur spectacle, il s'inscrit effectivement dans l'esprit de ceux offerts dans les cabarets parisiens. La prestation se compose de trois parties. La première m'a fait pensé à une animation musicale pour club du troisième âge (et quand je les entends, je n'ai vraiment pas envie de regarder vers l'avenir). Dans la deuxième partie, les musiciens montrent ce qu'ils savent faire et la prestation de Stéphane Delaplace à la batterie est remarquable. La troisième partie, écrite par Yannick Dumont, est celle qui mérite l'appellation "cabarets parisiens". On y trouve beaucoup d'humour et de dérision que je déconseillerai, toutefois, aux oreilles chastes et à la prime enfance. L'imitation, volontiers caricaturale, de Bourvil (le célèbre humoriste normand des personnes nées avant 1950) est bien faite. Yannick Dumont offre aussi de nombreuses imitations. J'ai beaucoup aimé celles de Johnny Hallyday et de Nicolas Sarkozy.

Après le dîner, en attendant les feux d'artifice, tirés de la presqu'île Rollet (en aval du pont Gustave Flaubert), j'avais le choix entre continuer à regarder les navires, une dernière fois, ou aller au grand concert (gratuit) du chanteur Cali. J'avais déjà beaucoup de dB dans les oreilles et j'ai choisi de regarder une dernière fois ces grands navires, illuminés. J'en ai profité pour prendre quelques photos, notamment du "Grand Turk" (au premier regard, on pense à un bateau pirate digne des films d'Hollywood à cause des couleurs très contrastées, mais il s'agit en fait d'une copie conforme d'une frégate anglaise de la fin du XVIIIème siècle).

Sur le chemin, je me suis arrêté au niveau du "Shabab Oman". Sur le quai, en face de leur bateau, quelques musiciens et quelques membres de l'équipage avaient improvisés une petite fête.

Pour patienter, j'ai fait la queue pour monter dans la Grande Roue qui se trouve en face du "Morgenster". Je n'ai pas regretté l'attente car, à 40 mètres de hauteur, j'ai pu bénéficier d'une vue nocturne sur l'ensemble des navires amarrés entre le pont Guillaume le Conquérant et le pont Gustave Flaubert ... et de nombreux tours car j'étais parmi les derniers à monter dans la Grande Roue, celle-ci devant fermer à 23 heures afin de ne pas faire interférence avec le spectacle des feux d'artifice de l'Armada.

Juste avant que le spectacle pyrotechnique ne commence, à 23 h 15, les projecteurs perchés aux sommets des piles de ce grandiose pont Gustave Flaubert se sont éteints. Les hauts-parleurs ont diffusé alors le compte à rebours d'un capitaine russe commandant l'un des navires de l'Armada, les gens retenaient leur souffle et, soudainement, les feux d'artifice ont embrasé la voûte céleste. Je ne savais pas très bien où me placer. Mes jambes fatigués, et le désir de faire des photographies où il y aurait en premier plan un navire m'ont incité à rester en amont du pont Gustave Flaubert, à la hauteur du Tenacious. Cet endroit est un peu loin du spectacle. Tout est une question de choix : soit privilégier le spectacle pyrotechnique et il faut alors aller en aval du pont Gustave Flaubert, soit vouloir rester dans l'ambiance de l'Armada et être en aval du pont, près du navire le plus proche de ce dernier.

La fin du spectacle, qui dure environ 20 minutes, a été saluée par les navires de l'Armada qui ont fait retentir leur sirène. Ce concert de sirènes était très impressionnant.

Après ce salut des navires, je suis reparti en direction du parking, tout en prenant en chemin quelques photographies du Mir et de l'Amerigo Vespucci.

J'étais épuisé par cette longue journée mais heureux avec toutes les images que j'avais en tête.

Sans hésitation, je recommande de passer au moins une journée à Rouen lorsque cet évènement se produit, sachant qu'il n'a lieu que tous les quatre ou cinq ans.

Cliquer ici, pour consulter l'album photo.

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09 juillet 2008

Le projet de loi « Démocratie sociale et temps de travail »

Je reviens sur la déclaration du ministre du Travail, Xavier Bertrand qui, après le vote de l’amendement parlementaire,  le 7 juillet, tentait d’endormir l’opinion public en disant que : "Les plafonds évoqués sont des maxima. Si des jours fériés sont chômés, ils le demeureront. Ca ne sert à rien de chercher à faire peur."

Il est faux de dire que les travailleurs salariés disposent d’une marge de manœuvre pour négocier quand la technologie permet de produire d’avantage avec de moins en moins de personnes et que l’employeur dispose de l’arme ultime de la délocalisation pour faire plier ses employés.

Ensuite, petit détail qui a son importance, les plafonds évoqués dans l’amendement sont des maximas qui seront appliqués à défaut d’accord collectif entre l’entreprise et les représentants des salariés. L’employeur va donc pouvoir faire ce qu’il veut en matière de temps de travail. Enfin presque car il convient de noter que cet amendement est une modération du projet de loi « Démocratie sociale et temps de travail » déposé par le gouvernement.

En effet, voici l’analyse que faisait le député PS Dominique Raimbourg, le 2 juillet, sur ce projet de loi (disponible sur son site Internet http://www.dominiqueraimbourg.fr) :

« […]

La conclusion des conventions individuelles de forfait en jour ou en heures sur l’année sera définie principalement par accord d’entreprise.

Ainsi, les forfaits annuels en jours seront réservés aux cadres considérés comme autonomes et aux salariés dont la durée de travail ne peut pas être déterminée et qui disposent d’une réelle autonomie. La durée maximale de 48 heures par semaine n’est pas applicable à ces salariés. Ils ne seront protégés que par la durée de 11 heures de repos consécutifs par 24 heures, le repos hebdomadaire et les congés payés.

Le forfait fixé par la loi à 218 jours pourra, à défaut d’accord d’entreprise, atteindre jusqu’à 280 jours par an (NdA : 280 j = 365 j – 52 jours de repos hebdomadaire – 9 jours ouvrables fériés - 24 jours ouvrables de congé payé ; le projet de loi prévoit une rémunération forfaitaire majorée d’au moins 10 % à partir du 219ème jour).

Ces salariés pourront travailler 280 jours, 6 jours sur 7, jusqu’à 13 heures par jour dans la seule limite de 60 à 65 heures par semaine, en cas d’adoption de la nouvelle directive sur le temps de travail que viennent d’approuver les ministres européens (NdA : notamment le ministre français Xavier Bertrand, sachant que son prédécesseur s'était toujours opposé à la demande britannique de relever le plafond du temps de travail qui est, pour l'instant, fixé à 48 heures hebdomadaires) .

De même les forfaits annuels en heures seront ouverts à tous les salariés disposant d’une autonomie dans leur emploi du temps.

Là aussi, ces salariés pourront être obligés de travailler jusqu’à 60 à 65 heures par semaines, en cas d’adoption de la nouvelle directive européenne. »

Alors que pensez de cette « avancée » sociale, votée le 7 juillet dernier par les députés UMP-NC ?

Voici un extrait des commentaires de Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, syndicat des cadres (propos recueillis par François Vignal dans Liberation.fr, le 8 juillet).

Le patron pourra-t-il imposer le plafond de 235 jours ?

Il pourra dire qu’il a la loi avec lui. C‘est d’autant plus scandaleux que le gouvernement a récemment souligné le problème de la santé au travail, des risques psycho-sociaux. Le législateur doit être protecteur, notamment pour la santé au travail. Or le gouvernement fait l’inverse de ce qu’il dit. Il permet les conditions pour altérer la santé des salariés.

Les salariés des entreprises moyennes ou grandes, où les accords d’entreprise seront plus faciles, sont-ils pour autant protégés ?

Jusqu’à présent, avec le plafond à 218 jours par an, il y a eu des accords en dessous du plafond. Mais là, avec un plafond de 235 jours, les négociations ne viseront pas à maintenir les 218 jours, mais pourront amener à porter le plafond à 220 ou 225 jours. Encore faut-il qu’il y ait un accord collectif d’entreprise. Pour cela, il faudra un rapport de force. Là où il existe une capacité à défendre les intérêts des salariés, le patron ne pourra pas faire ce qu’il veut. Mais il pourra dire aussi in fine, «si vous n’acceptez pas de travailler plus, je délocalise, je diminue l’activité sur le site.»

Le texte doit encore passer devant le Sénat. Espérez-vous une modification ?

Nous travaillons auprès des sénateurs. Nous allons voir le rapporteur du texte aujourd’hui pour lui faire comprendre notre position. Nous constatons que le Sénat a su se montrer plus raisonnable que les députés ces derniers temps. Mais il y a eu une déclaration d’urgence, c’est-à-dire qu’après le passage au Sénat, et un éventuel passe en commission mixte paritaire en cas de désaccord, la loi sera adoptée. Si le texte définitif reste en l’état, nous déposerons un recours auprès de la Cour de justice des communautés européennes.

Voici quelques précisions sur les possibilités de recours auprès de la Cour de justice des communautés européennes et ses enjeux.

Le projet de loi accorde la priorité à l’accord d’entreprise. Il ne sera donc plus possible aux salariés de bénéficier de dispositions plus favorables d’un accord de branche. Les règles d’organisation du travail (organisation du temps de travail, paiement des heures supplémentaires, repos compensateur, …) vont devenir spécifiques à chaque entreprise d’une même branche et un objet de concurrence entre elles. Le marché de l’emploi étant défavorable aux salariés, cette logique va conduire inévitablement à un nivellement par le bas des conditions de travail.

L’analyse faite par Dominique Raimbourg dans sa note du 3 juillet dernier sur la jurisprudence de la Cour de Justice Européenne ne permet pas d’être optimiste : si la loi donne la possibilité aux entreprises de déroger aux accords de branche alors elles perdront leur caractère d’application générale et elles ne seront plus opposables à un sous-traitant d’un autre état membre mettant à disposition du personnel pour réaliser une prestation sur le sol français. Le dumping social entre entreprises françaises et aussi avec les entreprises des autres pays de l’union européenne va donc être considérablement renforcé avec ce projet de loi.

Par ces quelques explications, j’espère que vous apprécierez à sa juste valeur le grand élan de générosité des députés UMP+NC qui est à l’origine de cet amendement.

Notez que le 15 septembre 1955, les salariés de la régie Renault ont obtenu la troisième semaine de congé payé. Ils avaient donc 15 jours ouvrés de congé payé + 11 jours fériés + 104 jours de week-end pour se reposer, c'est à dire qu'ils ne travailleraient plus que 235 jours dans l'année.

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08 juillet 2008

Le torero

Depuis quelques temps, je me rends compte que notre gouvernement et son président sont des maîtres de la communication car ils ont une tactique redoutable : détourner l'opinion publique des actions qui vont rendre la société française de plus en plus infernal pour les simples citoyens en l'abreuvant de petites fanfaronnades, de petites toquades, de petites phrases dont les journalistes pourront faire leurs choux gras.

Exemples :
- pour la fanfaronnade : Nicolas Sarkozy déclare que lorsque les fonctionnaires font grève, on ne s'en rend pas compte; pour mémoire, je rappelle qu'il est le chef de l'Etat
- pour la toquade : Nicolas Sarkozy propose d'accueillir des FARC repentis tandis qu'il autorise l'expulsion d'une ancienne terroriste italienne repentie, bien intégrée dans la société française
- pour la petite phrase : il y en a tellement que je vous laisse choisir celle qui vous a le plus marqué

Ces gesticulations sont autant de chiffons rouges que le torero agite devant sa victime pendant qu'il lui enfonce une épée dans le dos. En ce qui concerne ceux qui ont choisi de vivre honnêtement grâce à leur travail, voici l'épée qui leur est destinée.

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Gagner plus, peut-être, travailler plus, c'est sûr. Lors de l'examen, la nuit dernière, du projet de loi sur la réforme du temps de travail, les députés ont adopté un amendement qui porte de 218 à 235 jours le seuil maximal de jours de travail par an pour les cadres.

Après un long débat entre la gauche et la droite, les députés UMP et Nouveau Centre ont voté cet amendement, la gauche a voté  contre. En clair, désormais, les cadres devront travailler 17 jours de       plus, sauf accord au sein de l'entreprise. Le texte sera voté cet  après-midi à l'Assemblée nationale, avant d'être examiné au Sénat le 17 juillet.

Depuis les lois Aubry, les cadres, dont le temps de travail est difficile à comptabiliser, travaillaient au maximum 218 jours par an. Une très grande majorité d'entreprises avaient négocié des forfaits entre 200 et 210 jours. L'amendement adopté cette nuit remet tout en cause, et revient, de fait, sur les RTT des cadres. Le texte qui sera soumis au vote de l'Assemblée cet après-midi prévoit qu'à partir du  219e jour, la rémunération forfaitaire sera majorée d'au moins 10%.

      

"Une régression sociale massive"

Les réactions ont été immédiates. La CFE-CGC voit dans ces 235 jours un "retour au siècle dernier". La centrale des cadres, qui entend déposer un recours devant la Cour européennes des droits de l'Homme, estime que "cette limite correspond, en fait, à une année pleine (365 jours) de laquelle on retire les jours de congés (25), les samedis (52), les dimanches (52) et le 1er mai".


"C'est une régression sociale massive", a  dénoncé Alain Vidalies (PS). "Ce que vous commettez, ce sera pour vous une tunique de Nessus. La trahison, on la traîne longtemps", a  renchéri Jean Mallot (PS). La député (Verts) Martine  Billard ironise : "La suppression des jours fériés chômés payés, le Medef l'avait rêvée, vous êtes en train de la réaliser. Si l'accord d'entreprise ne le prévoit pas, ils ne seront plus payés."

Xavier  Bertrand, ministre du Travail, a tenté de rassurer : "Les plafonds évoqués sont des maxima. Si des jours fériés sont chômés, ils le demeureront. Ca ne sert à rien de chercher à faire peur."    


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Le président du groupe UMP a déclaré qu'il revenait aux entreprises de négocier avec leurs salariés la durée annuelle du travail. Comme si les salariés étaient en mesure de négocier compte tenu des menaces de délocalisation.

Florence Parisot, présidente du MEDEF avait du mal à cacher sa joie face au caméra. J'avais le sentiment qu'elle n'en demandait pas tant car elle avait adopté avec les syndicats CGT (oui, vous avez bien lu) et CFDT une "position commune" plus douce que le projet de loi déposé par le ministre du travail, Xavier Bertrand (voir l'article "35 heures : Sarko transforme les embrassades en engueulades" du "Canard enchaîné" paru le 4 juin 2008). Du coup, elle a poussé un peu plus loin les revendications du patronat en s'interrogeant sur la pertinence de fixer par la loi une durée maximum du nombre de jours de travail.

Je me demande si nous sommes encore dans un état de droit, c'est à dire un état qui protège le faible du fort.

Ainsi va la France.

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05 juillet 2008

Que reste-t-il après l'Amour ?

- Excuse-moi de t'appeler si tard mais j'avais besoin d'entendre ta voix.

- Et bien voilà, tu l'entends ma voix.

- J'ai un problème.

- Quel est ton problème.

- Je n'arrive pas à me détacher de toi, cela me fait du bien de t'entendre

- Ton problème est que tu ne veux pas regarder l'avenir. Moi c'est fini. Je suis passé à autre chose. Ecoute, je t'ai aimé comme jamais je n'ai aimé un autre homme. Je t'ai tout donné.

- Je l'ai compris. En effet, tu m'as fait des confidences que tu ne feras pas à un autre homme.

- C'est trop tard. Le SMS que tu m'as envoyé, je l'ai encore en tête. Tu m'as dit "adieu". C'est fini. Et quand j'étais à l'hôpital, tu ne m'as même pas envoyé un SMS de soutien. Pourtant tu savais que j'allais être opérée.

[...]

- Tu n'as pas de chance avec les hommes.

- Mon problème est que je n'ai de relation qu'avec des hommes loin de moi. Or, j'ai besoin d'avoir un homme près de moi. Je n'arrive pas à établir la confiance.

- C'est très difficile d'établir une relation de confiance au téléphone car on ne voit pas l'autre, on ne voit pas son regard. C'est très important pour savoir comment l'autre réagit aux paroles. Surtout avec toi car tu parles peu. Mais quand tu parles, c'est profond.

- J'ai du mal à faire confiance.

Que reste-t-il après l'Amour ?

Une terre définitivement stérile ou bien est-il encore possible de faire pousser quelques belles fleurs ?

J'aimerais garder une relation amicale avec toi. Est-ce possible ?

J'ai le sentiment qu'il y a une partie de toi qui me déteste. C'est normal car je n'ai pas été en mesure de t'expliquer ce qui m'avait conduit à t'envoyer ce SMS. Tu ne le comprends pas et il te fait mal. J'aimerais tant m'expliquer mais il faudrait que tu ais envie de m'écouter. Est-ce possible ?

N'est-il pas trop tard puisque tu me dis être passée à "autre chose" ?

Pourtant j'aimerais avoir l'occasion de m'expliquer car cela te permettrait de comprendre ce qui s'est passé de mon côté, non pas pour essayer de faire renaître l'amour mais pour que tu puisses regarder ton passé avec d'avantage de sérénité. Quand tu dis qu'il faut regarder l'avenir, tu as raison. Cependant, pour avancer dans la vie, il faut être en paix avec son passé sinon la vie est une fuite en avant. Il faut aussi avoir analysé ses erreurs, sinon on refait les mêmes et on a le sentiment que l'on fait du surplace dans la vie.

Dieu, j'aimerais avoir cette occasion.

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04 juillet 2008

La journée d'Enzo

Voici un texte que m'a transmis une de mes cousines qui est enseignante dans une école primaire de la république française. Dimanche dernier, au cours du déjeuner, il y avait plusieurs enseignants. Je leur ai montré ce texte. Ils le connaissaient tous. Il a donc beaucoup circulé et c'est tant mieux car il fait appel à notre intelligence, à prendre de la distance par rapport à toutes les sarkoneries qui nous tombent dessus tous les jours et dont on peut se demander si elles nous éloignent des vraies questions de notre société, notamment celle de l'avenir de nos enfants. Serons nous fiers de ce que nous allons laisser à nos enfants dans quelques années. Qu'allons-nous leur dire ?

La journée d’Enzo ou l'école de demain....

3 septembre 2012

Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés.

La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.

On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école.

Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.

Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.

Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais.

Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : Chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.

L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur.

Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie.

Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par coeur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien

Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir.

Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.

Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail.

Pourquoi ils sont si nombreux en classe.

Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année.

Pourquoi il devra prendre le bus.

Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.

Pourquoi il n'a pas de lunettes.

Pourquoi il a faim.

Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement.

Est-ce l’école que nous voulons ?

Le gouvernement a-t-il reçu un mandat populaire pour cela ?

Qu’attendons nous pour réagir ?

Une enseignante en colère qui aimerait que l'on sache être ambitieux pour l'école.

PS : si vous soutenez notre action, svp, prenez le temps d'en parler autour de vous ou de relayer ce courriel à votre propre carnet d'adresses.

D'avance, merci.

Posté par cicisse à 20:42 - Cultivons notre démocratie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juillet 2008

Les photographies insolites

Grâce à Internet, j'ai de bons amis qui m'envoient régulièrement des courriels humoristiques. J'apprécie beaucoup ceux contenant des photographies insolites car elles véhiculent un humour très fin, un genre d'humour plus tôt rare en ce moment. Cela me fait aussi plaisir de savoir que j'ai des amis qui pensent à moi. Nous n'avons pas beaucoup le temps de parler au téléphone ou de nous voir mais ce genre de courriels permet de montrer à l'autre que le contact est gardé. Merci les amis. Merci pour ces petits moments de détente. J'en ai besoin en ce moment.

Voici les deux plus récentes que j'ai reçues.

Que dire de la première ?  Et bien, disons : "Lorsque les forces de l'ordre nous interpellent pour nous dire qu'entre boire ou conduire il faut choisir, elles savent de quoi elles parlent !"

club_pernod

Pour la seconde photographie, il faut concéder aux chinois qu'ils savent rentabiliser leur transporteur de camionnettes ! Par contre, je déconseille au chauffeur de passer au club Pernod de la photographie précédente avant de livrer les camionnettes. Une maladresse est si vite arrivée ! Notez aussi qu'il a le triangle de signalisation rendue obligatoire pour tous les véhicules en France depuis le 1er juillet 2008.

Transport_chinois

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04 juin 2008

Interview

Je suis de retour.

De retour ?

Pas vraiment.

Pourquoi ?

J'ai la tête ailleurs.

Où ça ?

Elle est encore dans ce pays, petit par la taille mais si grand par son accueil et son ouverture vers le monde extérieur.

Il s'appelle comment ce pays ?

C'est la Tunisie et je viens de passer une semaine formidable sur l'île de Djerba.

Waou ! Tu racontes ?

Bien sur que je vais raconter ! Je vais te faire une confidence : ce blog a commencé après mon séjour en Tunisie, au mois de juillet 2007. Avant de monter dans l'avion, le 7 juillet 2007, j'étais complètement démoralisé par la vie que je subissais. Durant ce séjour, il s'est passé plusieurs choses importantes et j'ai eu envie de m'exprimer tout en gardant un lien avec ce pays. C'est un des moteurs de ce blog. Le récit de mon séjour à Djerba a donc tout naturellement sa place.

Il y a un autre moteur ?

Oui, mais je laisse au lecteur le soin de le découvrir d'autant qu'il n'est pas difficile à deviner si on feuillette les pages de ce blog.

Pourquoi le dire maintenant ?

Avant de partir pour Djerba, mon moral était dans un état lamentable. D'ailleurs, je ne suis pas sur qu'aujourd'hui j'ai totalement remonté la pente. Dans l'avion, je réflechissais à ce que m'avait apporté mon blog depuis son ouverture au mois d'août 2007. Il m'apparaissait un bilan très positif mais avec le sentiment que ce livre allait bientôt se refermer car j'avais envie de passer à autre chose. Je ne sais pas où va me mener cette logique. Cependant, je sens une atmosphère de fin qui contribue sans doute à lever quelques intimités de ma vie.  Mais je n'ai pas encore terminé car une chose est claire dans mon esprit, j'ai envie de raconter ce séjour. Ce serait une belle fin puisque ce blog commencerait et se terminerait avec la Tunisie. Néanmoins, je n'ai pas de certitudes sur ce que je ferai après.

Tu peux préciser tes intentions ?

Pour l'instant, le temps va être suspendu sur ce blog. Je vais écrire mon récit et je n'ouvrirai pas d'autres pages après le 4 juin tant que je n'aurais pas fini. Je n'ai pas l'intention de me presser car ce sera une autre façon de savourer ce séjour.
Pour lire ce récit, il faudra aller au 26 mai, puis aux jours suivants. Je publierai au fur et à mesure. Pour le lecteur fidèle, je mettrai à la fin de ce post, l'avancement de mon récit.

Alors, à bientôt, peut être ?

Oui, si Dieu le veut.

PS1 : en attendant, vous pouvez consulter l'album souvenir des vacances à Djerba d'une jeune tunisienne, Emma Benji, ainsi que son récit.

PS2 : je mets en lien un des guides qui m'a permis de préparer mon voyage

PS3 : j'ai également trouvé sur le site de l'opérateur Orange un espace d'informations consacrées à la Tunisie


Avancement des travaux au 23 juin

mon album photo : c'est fait, il y a 111 photos qui n'attendent que votre regard

26 mai : c'est rédigé

27 mai : c'est fait

28 mai (le tour de l'île) : c'est fait aussi !


Posté par cicisse à 19:35 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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