Cisseron

Réflexions et échanges avec les autres sur tous les sujets de la vie.

23 mai 2009

Les larmes

J'ai pleuré.

C'est arrivé il y a quelques jours.

Je me promenais dans cet endroit que tu sais.

Tout est revenu en mémoire.

Je ne t'ai pas oublié.

Je garde en moi cette petite part de toi.

Tu es morte mais tu continues à vivre en moi.

Merci pour ce que tu m'as apporté.

Sans toi, l'homme qui écrit ne serait pas.

Ces larmes, je les ai gardé sur mon visage le plus longtemps possible.

Je n'ai pas voulu les enlever car c'était une manifestation sensible de ta présence en moi.

Tant que j'ai senti ces larmes sur mon visage, j'ai revécu l'immense douceur que j'éprouvais en étant dans tes bras.

Le temps s'est alors arrêté et j'ai fermé les yeux.

Mais le soleil et le vent ont séché ces larmes.

J'ai réouvert mes yeux. Le soleil m'a ébloui et mes yeux ont encore pleuré mais ce n'était pas les mêmes larmes.

C'était une réaction de défense de mon corps contre les rayons du soleil.

La vie continue.

Posté par cicisse à 22:21 - Essais - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


31 août 2008

Amour et confiance

Quand on aime alors on doit faire confiance. Oui ! Mais ce n'est pas si facile que cela. Surtout quand c'est un grand amour qui vous tombe soudain sur vous, sans crier gare. Comment accorder sa confiance quand on ignore encore tout de l'autre ? Comment ne pas décevoir l'autre qui a une passion amoureuse pour vous et qui n'arrive pas à concevoir que vous pouvez à la fois aimer mais aussi avoir besoin d'être rassuré afin de pouvoir accorder cette confiance tellement nécessaire pour le caractère durable de la relation ? Toutes ces questions sont sous-jacentes dans ce petit sketch que je vous propose, où deux personnes se parlent au téléphone.

[Joseph]

Bonjour Myriam, tu vas bien ?

[Myriam]

Bonjour Joseph, qu'est-ce que c'est cette lettre que tu m'as envoyée ?

[Joseph]

C'était une lettre pour t'expliquer ce qui s'était passé dans ma tête quand je t'ai envoyé mon SMS.

[Myriam]

Tu es faux Joseph. Tu es faux. Tu me disais que tu m'aimais alors que tu pensais que j'étais une mauvaise fille. Mais tu es un hypocrite Joseph. Un hypocrite.

[Joseph]

C'était de la jalousie, Myriam. La jalousie, ce n'est pas le contraire de l'amour. La jalousie, c'est un amour qui ne va pas bien. Le mien n'allait pas bien car tu n'as pas été sincère.

[Myriam]

Mais si j'ai été sincère. Je t'ai dis des choses que je ne dis qu'à très peu de gens. Et tu voulais quand même coucher avec moi. Tu es un pervers.

[Joseph]

Le pervers c'est celui qui a abusé de toi quand tu étais adolescente. Pas moi.

[Myriam]

Arrête. Arrête.

[Joseph]

Mais...

[Myriam]

Non. Non.

[Joseph]

Mais...

[Myriam]

Stop...

[Joseph]

Calme toi.

[Myriam]

Tu es un malade Joseph. Enzo, c'était mon ami. Rien de plus. Et toi tu t'imagines que j'ai fait des choses sales avec lui. Tu es un minable Joseph. Tu es complexé.

[Joseph]

Arrête de vouloir ...

[Myriam]

Minable, minable

[Joseph]

Laisse moi parler.

[Myriam]

Non. Tu es le gars le plus nul que je connaisse. Ton cadeau d'anniversaire, c'est vraiment de l'hypocrisie. Et moi qui voulait te remercier.

[Joseph]

Myriam, si tu ne me laisses pas parler alors je vais couper le téléphone

[Myriam]

(silence)

Bon, vas-y. Parles.

[Joseph]

Ecoute Myriam, Qu'est-ce qu'il y a dans cette lettre ? C'est très simple. Je t'explique que ce n'est pas un problème pour moi que tu ais aimé Enzo. Ce n'est pas un problème pour moi que tu es fait l'amour avec lui.
Le problème est que tu ne me l'as pas dit alors que nous envisagions de le faire. Je n'en ai rien à foutre des problèmes de virginité. Ce qui est important pour moi, c'est la sincérité. Faire l'amour, c'est se donner l'un à l'autre. Mais pas à moitié, mais complètement. Si tu caches des choses aussi importante à l'autre alors tu ne fais pas l'amour, tu fais simplement de la sexualité en trompant l'autre. Ce n'est pas à l'image de la relation que Dieu entretient avec nous. Dieu ne nous trompe pas. Dieu nous a fait à son image alors tu dois faire comme Dieu. Tu aurais du me parler de ta relation avec Enzo.
Tu ne m'en a parlé uniquement parce que tu as longuement discuté avec lui au téléphone pendant que tu dinais avec Rachel et tu savais que Rachel allait m'en parler. Tu m'as dit que tu as parlé longuement avec lui, que tu lui as dit plein de choses gentilles pour le consoler car il était malheureux et qu'il ne trouvait pas de travail.
Rachel m'a bien confirmé que tu as parlé avec lui mais elle connait un peu l'Italien tu sais. Et quand tu dis "il mio amato", "ti amo". Oui, c'est de la consolation mais prononcée par quelqu'un qui aime. C'était cela le plus important à me dire. Tu ne l'as pas fait. Je veux croire que tu ne l'as pas dit car tu ne m'as pas fait confiance. Tu as eu peur de ma jalousie. Mais comment faire confiance quand on découvre que l'autre dissimule des choses et vous ment ?

[Myriam]

Je te l'aurais dit si tu étais venu me voir. Il fallait me faire confiance. Tout simplement me faire confiance.

[Joseph]

Pourquoi ne me l'as tu pas dit. Pourquoi m'avoir appelé pour me raconter une histoire ?

[Myriam]

Il y a des choses que l'on ne peut pas faire au téléphone. Je ne me voyais pas te dire tout ce que je ressentais pour mon ami sans voir comment tu allais réagir, sans pouvoir te dire en face de toi que j'étais passé à autre chose et que c'est autre chose c'était toi. ça, je ne pouvais le faire qu'en face de toi car j'avais besoin de savoir par ton regard si tu me faisais confiance. Mais il fallait bien que je t'en parle puisque Rachel allait t'en parler. Je pensais que tu allais me croire et que cela te tranquiliserait le temps que tu viennes me voir. D'ailleurs, je te l'ai dit un soir au téléphone : "arrête de réflechir, je te dirai tout quand nous nous verrons". Au lieu de cela, tu m'envoies un SMS où tu me dis Adieu. Comment veux-tu que je te pardonne ?

[Joseph]

C'est bien là le problème : tu n'arrives pas à me pardonner. C'est vrai, j'aurais pu te faire confiance. Mais est-ce que tu peux admettre que c'était difficile pour moi car ton histoire ne tenait pas de bout. C'est évident que tu l'as aimé. C'est normal : j'étais parti, je n'avais pas ton numéro de téléphone et la lettre que je t'ai écrite est restée bloquée à la réception de l'hôtel durant trois mois. Il est jeune, beau et je me souviens qu'il avait beaucoup de prestance. C'est normal que tu aies été attirées par lui. En plus vous étiez dans le même hôtel : ce qui s'est passé entre vous deux était inévitable. Je le comprends. Et toi, tu devrais comprendre que j'ai pu douter de toi quand tu m'as raconté une histoire qui ne disait pas tout.

[Myriam]

Tu as fait plus que douter de moi, tu m'as condamné avec ton SMS.

[Joseph]

Tu as raison. Je t'ai jugé avant même d'en avoir rediscuté avec toi. Mais je t'ai expliqué dans ma lettre pourquoi les circonstances m'avaient empêchées de venir te voir.

[Myriam]

Ce n'est pas une excuse, Joseph. Tu m'as condamné. Je ne te le pardonne pas.

[Joseph]

C'est ton droit Myriam. Cependant, tu sais, les hommes ne sont pas parfaits. Ils ont des faiblesses, des doutes et des inquiétudes. Le fait qu'ils te disent "je t'aime" ne les transforment pas pour autant. En dehors de ceux qui le disent uniquement pour profiter de toi, les autres expriment par cette phrase qu'ils veulent se donner avec leurs forces, qui t'attirent, mais aussi avec leurs faiblesses, qu'il faut tu acceptes si tu veux vivre harmonieusement avec cet homme. J'ai le sentiment que tu m'as placé en trop haute estime et que tu ne supportes pas les moments où je m'écarte de l'image que tu te fais de moi. En ce qui me concerne, je sais que les gens ne sont pas parfaits. Ils m'apportent de bons moments et ils me procurent aussi des déceptions ou ils me font parfois du mal. Je sais aussi que si je ne pardonne pas alors je suis condamné à vivre seul dans un univers peuplé d'être parfaits mais inaccessibles. Je ne veux pas de cette vie alors c'est pourquoi je pardonne même si parfois c'est très difficile. Il y a des années, j'ai été opéré de deux dents de sagesse. L'opération était compliquée au départ et elle a duré plus de temps que prévu : 2 h 30 au total. J'ai passé deux semaines très pénibles où ma bouche était en sang et où manger était une torture. C'est très long deux semaines. A part mes parents, aucun de mes amis n'a pris de nouvelles de moi. Personne. Ce n'est qu'au bout d'un mois que mon meilleur ami m'a appelé. Je lui en ai voulu car il fait comme si rien ne s'était passé. Cependant, après ma colère, j'ai réfléchi. Je me suis dit qu'il n'avait pas pris conscience de ma détresse. Peut être a-t-il rencontré des soucis durant cette même période. Je ne sais pas mais je lui ai pardonné. Je n'ai jamais regretté car plusieurs fois il m'a témoigné de l'amitié et m'a offert ainsi de superbes instants de vie. Je pense que dans une relation amoureuse il faut être aussi comme cela même si la passion rend les choses plus difficiles. Alors tu ne veux pas me pardonner, tu ne veux pas accepter mes imperfections et mes fautes, c'est ton droit. Mais comme tu ne veux pas me pardonner, je pense que nous ne pourrons rien construire ensemble, même pas une relation d'amitié car là aussi il faut de la sincérité, de la confiance et du pardon. Comme je ne veux pas refaire la même erreur, je ne te dis pas adieu mais simplement "au revoir" car tu peux revenir dans ma vie quand tu veux. La seule condition est que tu acceptes mes défauts. Tu verras, tu ne le regretteras pas car je peux donner beaucoup de moi-même. J'ai beaucoup d'amour à donner mais ce n'est pas l'amour de Dieu, c'est l'amour d'un simple homme. Est-ce qu'un jour tu me pardonneras ?

[Myriam]

Je ne sais pas Joseph. Une partie de moi-même le veut bien, mais une autre partie n'arrive pas à oublier ce SMS que tu m'as envoyé. En attendant il est tard et j'ai besoin de dormir car je travaille tôt demain.

[Joseph]

Alors, je ne vais pas t'importuner d'avantage. Je te souhaite une bonne nuit Myriam.

[Myriam]

Bonne nuit Joseph.

Posté par cicisse à 21:19 - Essais - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 décembre 2007

Une jeune femme méritante

Mes chers parents

Sachez d'abord que je vous aime trés fort.

Mon plus grand bonheur est que vous, mes frères et mes soeurs soyez heureux.

Je fais tout pour celà.

L'argent que je gagne durement : je vous le donne bien volontier.

Je ne garde que le strict nécessaire.

Je n'achète que le minimum de vêtements.

Actuellement je souffre car je n'ai même plus assez d'argent pour soigner mon angine.

Mais ce n'est pas ma plus grande souffrance.

Ma plus grande souffrance est dans mon coeur qui ne comprend pas pourquoi vous ne prenez pas des nouvelles de moi. Pourquoi suis-je toujours obligée de vous téléphoner pour avoir quelques nouvelles de vous, de mes frères et de mes soeurs ? Est-ce que vous inquiétez de moi ? De ce que je deviens ?

Pourquoi vous ne me manifestez pas un peu de tendresse ?

Pourtant, je vous aime trés fort. Vous ne le sentez pas ?

Plus les jours passent et plus je désespère.

Je prie Dieu pour qu'il change ma vie car je supporte de moins en moins celle que je vis actuellement.

J'espère qu'il m'entendra.

Portez vous bien mes chers parents et ne m'oubliez pas dans votre coeur.

Posté par cicisse à 21:54 - Essais - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 décembre 2007

Une dure vie

Ma famille habite le gouvernorat de Jendouba.

Je suis la cadette d'une famille de cinq enfants (trois filles et deux garçons).

Nous sommes berbères mais nos ancêtres se sont mélangés au point que nous sommes considérés dans notre pays comme des africains ce qui n'est pas un avantage ici, bien au contraire.

Mon père est maçon. Une de ses fiertés est d'avoir acheté un terrain avec l'argent qu'il a gagné en France et d'avoir bâti la maison dans laquelle nous vivons.

Il ramène de l'argent qui nous permet de manger et de nous habiller. Mais après les dépenses indispensables pour vivre, il ne reste pratiquement rien pour les extras. Néanmoins, mon père est fier de pouvoir faire subsister sa famille.

Avant de connaître mon père, ma mère faisait des ménages dans les riches familles de Tunis.

Le mariage n'a pas beaucoup changé les conditions de vie de ma pauvre maman : il y a le ménage, les enfants, les courses, l'éducation, l'école, les corvées, le linge, la vaisselle...

Malgrè cela, ma mère respecte beaucoup mon père. Un jour, elle m'a dit que mon père n'était pas le prince charmant qu'elle attendait mais au moins c'était un homme juste et droit ce qui n'est déjà pas si mal. La seule chose qu'elle aurait voulu, c'est que mon père comprenne que toutes les maternités successives l'épuisaient.

En effet, mon père voulait absolument des garçons or ma mère lui a donné d'abord trois filles. Heureusement, la quatrième naissance fut la bonne car ma mère accoucha de notre premier petit frère. Mes deux soeurs et moi étions contentes de l'arrivée. Ma mère était soulagée d'avoir enfin pû donner un garçon à mon père. Lui était dans un bonheur total. Avec les quelques économies que ma mère avait réussi à mettre de côté en faisant des petits travaux de couture à la maison, il donna une grande fête pour présenter notre petit frère à l'ensemble de la famille.

Après notre premier petit frère, ma mère mis encore au monde un deuxième garçon. C'est l'autre fierté de mon père : avoir deux garçons. Ma mère était contente aussi d'avoir pu réaliser le rêve de son mari et de recevoir de lui toute sa reconnaissance.

Dés qu'elle fut en âge, ma soeur aînée fut rapidement à contribution pour les tâches de la maison et s'occuper de nos deux frères. Puis mon tour est venue afin de soulager ma pauvre soeur aînée car ma mère avait repris son travail de femme de ménage. Ensuite, ma petite soeur a pû m'aider.

Grâce à l'argent de son travail de femme de ménage, ma soeur aînée a pu faire son apprentissage en pâtisserie et avoir son diplôme. L'argent qu'elle gagnait en travaillant dans un grand hôtel et l'argent des ménages de notre mère nous a permis de mieux vivre et de nous acheter des choses qui améliore l'ordinaire. Toutefois, c'était surtout nos petits frères qui en profitaient. A la maison, ils sont traités comme des rois. A table, nous les servons. Ils ont droit aux beaux vêtements. Tout leur est dû !

Ma soeur aînée revenait très peu à la maison. Elle commençait à goûter aux joies de l'indépendance même si son travail ne lui laissait pas beaucoup de loisirs. Mais au moins, elle pouvait sortir avec des copines ou des amis sans que cela n'agace mon père. Quand elle fut en âge de recevoir des demandes en mariage, les longues périodes d'absence commençèrent à inquiéter mon père. Lui et ma mère se mirent en tête de lui chercher un mari. Mon père lui demanda alors de revenir un dimanche sur deux. Puis tous les dimanche. Ma soeur n'était pas d'accord. Il y avait souvent des disputes entre elle et mon père. Elle lui expliquait qu'elle avait besoin de se reposer car le voyage était long et la semaine de travail dure. Mais mon père ne voulait rien savoir.

Un dimanche, mes parents ont présenté à ma soeur l'homme qu'elle devait épouser. Tout avait été déjà réglé, y compris la dote. La destination de la dot était déjà réglée aussi : elle servirait à financer les études des garçons afin qu'ils aient un beau métier.Mon père rêvait qu'ils fassent des études universitaires en France. Pour lui, ce serait une belle revanche sur sa vie de maçon en France.

Ma soeur aînée n'avait donc pas le choix : elle devait se sacrifier. Epouser cet homme beaucoup plus âgé qu'elle n'aimait pas. Il y allait de l'honneur et de l'intérêt de la famille.

Ma soeur était désespérée car elle avait fait la connaissance d’un jeune homme sérieux, qui travaille et qui voulait l’épouser. Mais mon père a refusé qu'elle épouse ce jeune homme car il était incapable de lui payer une dot. Il a ajouté que l'on ne faisait pas tout ce que l'on voulait dans la vie. Lui-même avait beaucoup travaillé pour que sa famille puisse vivre. Il ne faisait pas comme certains hommes qui passent leurs journées au café en laissant leur femme et leur fille assumer toutes seules les charges du ménage. Mais ma soeur continuait à résister. Elle lui a dit qu'elle respectait son choix de vie mais qu'elle ne voyait pas pourquoi elle ne pouvait pas faire aussi ses propres choix de vie. Alors mon père l'a menacé : où tu acceptes d'épouser l'homme que ta mère et moi nous t'avons choisi ou tu quittes notre maison. Ma pauvre soeur a alors cédé. Elle n'est pas retourné à son travail de pâtissière.

J'étais un peu plus turbulente que ma soeur aînée et je sentais que je ne devais pas suivre le même chemin. Alors j'ai suivi une formation pour avoir mon diplôme d'animateur. Cela me va bien car j'aime voir du monde, discuter, danser, sortir en discothèque. Cependant le travail est dur et ne rapporte pas beaucoup d'argent. Or ma famille compte de plus en plus sur moi pour les aider. Parfois, je ne suis pas tranquille car j'ai peur que mes parents cherchent aussi à me marier car les années passent.

Alors je rêve de pouvoir travailler en France, comme père. Je pourrais gagner plus d'argent et aider ma famille qui, j'espère, me laissera alors libre de choisir l'homme avec lequel je veux me marier. Mais c'est devenu bien plus difficile d'immigrer en France que du temps de mon père. Peux être pourras-tu m'aider.

En tout cas, sache que je me rappelerai toujours de ta gentillesse et de l'affection que tu me portes. Tu es le premier homme qui me donne le sentiment que je suis une personne à part entière.

Voilà mon grand frère de coeur ce que je pouvais te dire sur moi-même en espérant que cela nous permettra de continuer à avancer ensemble dans la vie.

Posté par cicisse à 21:24 - Essais - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 août 2007

Tentation : acte V

Tentation :
- acte I : 17 août 2007
- acte II : 20 août 2007
- actes III et IV : 22 août 2007

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:couloir

La scène se passe dans une chambre d'hôpital, en service de réanimation. Un homme est alité avec perfusions (sang et sérum physiologique),  de l'oxygène pour faciliter la respiration (insufflation dans le nez), surveillance du rythme cardiaque et de la température. L'homme a la soixantaine. A côté du lit est assise une femme. Elle tient une des mains de l'homme. De temps en temps, les deux mains s'étreignent. La femme a un grand regard de compassion. L'homme parle avec peine.

[Le français]

Mon ange, ma fin est proche.

[La danseuse]

Oui, je le ressents au plus profond de moi.

[Le français]

Je vais bientôt rentrer dans ce grand couloir qui mène vers l'au-delà.

[La danseuse]

N'y pense pas encore. Il te reste encore quelques instants de vie et ils me permettent de te dire merci pour ces vingt années de bonheur que tu m'as offert.

[Le français (il esquisse difficilement un sourire)]

Nous avons pourtant eu quelques frictions.

[La danseuse (en souriant)]

Tu as voulu vivre avec une tunisienne !

[Le français]

Nous avons souffert du rejet d'une partie de nos familles respectives et de la perte de beaucoup de nos amis qui ne comprenaient pas notre démarche.

[La danseuse]

Oui, mais cette perte était largement compensé par les quelques personnes qui nous ont gardé leur amitié, ainsi que par les nouvelles connaissances que nous avons pû faire.

[Le français]

Tu as raison ! De toute façon, ces mauvais moments n'étaient pas si terribles que celà car j'ai toujours cru en toi.

[La danseuse (avec émotion)]

Moi aussi. Et, nous avons eu aussi d'immenses moments de bonheur.

[Le français]

Oui, le plus grand c'est la naissance de notre fille. Elle est maintenant en âge de sortir. J'ai essayé de lui expliquer ce que pouvait faire un homme en bien et en mal. Mais il faudra continuer car les leçons ont des difficultés à rester à son âge.

[La danseuse]

Compte sur moi pour lui expliquer ce qu'a été ma vie et l'aider à trouver un homme gentil et attentif à son bonheur. J'ai maintenant suffisamment d'expérience de la vie.

[Le français]

Et puis tu m'as fait découvrir un merveilleux pays.

[La danseuse]

Le tiens est beau aussi. Il y a tellement de fils à tisser entre nos deux pays. Nous avons tellement de choses à nous apporter mutuellement.

[Le français]

Ma respiration devient de plus en plus difficile. L'ange qui m'a ouvert les yeux lors de notre première nuit d'amour m'appelle (il perd connaissance mais il respire encore).

[La danseuse]

Au revoir, Joseph. Va rejoindre cette grande femme au cheveu noir. C'est la seule maîtresse que je suis obligé de te concéder. Quant à moi, me voici parvenue à la moitiè de ma vie. Tu me laisses avec une fille et de merveilleux souvenirs. Je t'en serai toujours reconnaissante. Jusqu'à ma mort, tu resteras vivant dans mon esprit.

(la main de Joseph se relâche, Miryam dépose un baiser sur sa main, puis elle pose sa tête sur sa poitrine en se rappelant de la première nuit qu'ils ont passé ensemble. On entend le signal continu de l'électrocardiogramme indiquant que le coeur a cessé de battre).

spaceweather_Russell1

FIN de la pièce sous l'air des Paradis blancs de Michel Berger.

Je mettrai quelques commentaires à mon retour de vacances.

Posté par cicisse à 18:13 - Essais - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 août 2007

Tentation : acte IV

Tentation :bel_homme
- acte I : 17 août 2007
- acte II : 20 août 2007
- acte III : 22 août 2007

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:

L'homme et la femme sont sur la plage déserte. La nuit est clair, on voit dans le ciel un croissant lunaire et une étoile trés brillante. Le français est étendu sur le sable. La danseuse a posé la tête sur sa poitrine. Le français caresse ses cheveux.

[Le français]

Je ressents au plus profond de toi un malaise, une angoisse qui te ronge.

[La danseuse]

Je porte un mal qui me mine depuis quatre ans déjà et je ne peux pas l'oublier car il est inscrit dans ma chair.

[Le français]

Dis moi ce qui te tortures à ce point car je ne peux pas être heureux si tu me tiens à l'écart de ta douleur.

[La danseuse]

Est-ce que je peux te faire confiance ?

[Le français]

Tu as la réponse dans mes yeux (il regarde dans les yeux la danseuse).

[La danseuse]

Ne t'offusque pas de ma réticence à te répondre mais j'ai dû garder pour moi cette douleur jusqu'à cette nuit.

[Le français]

Quel est donc ce secret qui t'a déjà fait tant de mal et que tu n'a pû confier à personne, même à ta famille ?

[La danseuse (en s'écriant)]

Surtout ma famille !

[Le français]

Tu me troubles de plus en plus. Je t'en supplie : parle moi.

[La danseuse (mélancolique)]

Jusqu'à vingt ans, on ne peut pas dire que j'ai vraiment vécu. En tout cas, bien moins que mes jeunes frères autorisés à sortir le soir. Quand j'ai eu enfin ce droit, je n'avais alors qu'une seule idée en tête : sortir, danser, m'amuser enfin avec des filles et des garçons de mon âge, rattraper le temps perdu.

Lors d'une soirée, mon regard s'est porté sur un jeune homme, un peu plus âgé que moi, trés élégant et au regard envoûtant. Il s'est joint à notre groupe. Nous avons beaucoup plaisanté sur des choses et d'autres de la vie. Nous avons dansé. A la fin de la soirée, il m'a proposé de me raccompagner chez moi, dans sa belle voiture qu'il venait juste d'acheter. Comme je le trouvais sympathique et bien élevé, j'ai accepté. En roulant, il m'a proposé de faire un détour par le bord de mer afin d'admirer le paysage. Il était en effet magnifique, la mer était éclairée par la lune comme maintenant. Sur la route, il s'est arrêté et m'a déclaré qu'il avait le coup de foudre et qu'il ne pouvait plus vivre sans moi.
J'étais subjuguée par ses yeux brillants de désir. Son baiser m'a suscité des sensations nouvelles que je ne connaissais pas. Il se mit à me caresser mais j'étais réticente. J'avais peur de ce qui allait se passer.
Pour lever mes dernières réserves, il me promit de me faire découvrir l'amour sans compromettre ma vertu. J'acceptais alors qu'il m'emmène dans son appartement. Mais chez lui, il n'a pas tenu sa promesse. Profitant de la confiance que je lui avait accordé et des tentations que me suscitaient ses premières approches, il s'inséra au plus profond de moi et me laboura sans vergogne malgré mes gémissements de douleur, tout à sa jouissance d'avoir pû ainsi joué aussi facilement de la naïveté de sa proie.
Son forfait accompli, comme seule réponse à mes larmes, il me dit qu'une fille comme moi ne méritait pas le respect. Il me raccompagna et me laissa devant la maison de mes parents avec mes pleurs. (elle pleure)

[Le français (il se redresse et parle d'une colère froide tout en la consolant)]

Je souhaite que ce saligaud n'ait que des filles et qu'il soit torturé toutes les nuits par la crainte qu'un homme de son espèce leur fasse subir ce qu'il t'a fait endurer.

(il continue d'une voix douce)

Tu n'as rien à craindre de ma part car je te prends comme tu es : avec tes bonheurs et avec tes souffrances.

[La danseuse]

Dés le premier regard, j'ai vu que tu étais un homme gentil. Mais je n'osais pas te le dire car j'avais tellement peur de te perdre. Heureusement, tu viens de confirmer ce que j'espérais au plus profond de moi-même.

(elle le regarde avec reconnaissance et lui caresse le bas du ventre)

Mon amour, il faudra que tu sois tendre et doux car j'ai besoin que tu me redonnes confiance en moi.

(elle dépose un tendre baiser au bas du ventre)

[Le français]

Cette confiance, nous la rebâtirons ensemble.

[La danseuse]

Quel est ton prénom ?

[Le français]

Joseph, et toi ?

[La danseuse]

Moi, c'est Miryam. (un silence et elle le regarde intensément) Joseph, je suis à toi pour cette nuit et pour tous les jours que Dieu voudra nous donner.

[Le français]

Miryam, depuis longtemps je devais remettre de l'ordre dans ma vie et je m'apprétais à le faire avec amertume et aigreur. J'étais désespéré car je ne voyais plus de sens à ma vie. Juste avant de monter dans l'avion qui devait m'emmener ici, j'ai demandé à Dieu les larmes aux yeux qu'il m'arrive un évènement heureux. Il vient de se produire. Je retrouve un sens à ma vie. Si je suis délié de mes engagements alors je t'offre bien volontier le restant de ma vie.

[La danseuse]

Je n'ai aucun doute sur ta sincérité. Tu auras des choix trés difficiles à faire. Ne te culpabilise pas si tu ne peux m'offrir que cette nuit d'amour car elle sera de toute façon infiniment meilleure que celle que j'ai passée il y a quatre ans. Pour le restant de ma vie, elle restera une petite lumière qui brille dans ma vie comme celle de l'étoile qui est en face de nous. Et, sache que je serai toujours à toi.
Si Dieu me fait le bonheur d'avoir une fille alors je serai fier de lui raconter notre amour et je lui appendrai à faire la différence entre les loups et ceux qui méritent le titre d'homme. Si il me donne un garçon alors je lui expliquerai toute l'horreur de l'idée qu'il y a des femmes respectables et d'autres qui ne le sont pas sous prétexte qu'elles veulent simplement vivre leur vie de femme.
(un silence)
Mon homme, tu ne peux pas savoir combien je t'aime !
(ils s'étreignent et se recouchent sur le sable avec l'air du Canon de Pachelbel).

Fin de l'acte IV.

plage

Posté par cicisse à 19:03 - Essais - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Tentation : acte III

Tentation :sucubes
- Acte I : 17 août 2007
- Acte II : 20 août 2007

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

La scène se passe en face de l'entrée de la discothèque de l'hôtel. Il y a différents groupes d'adultes en train de discuter. On entend en arrière fond les derniers airs à la mode en Tunisie. La danseuse discute avec un couple européen mais elle semble absente. Un homme d'âge mûr (55 / 60 ans) s'approche d'elle, interrompt la conversation et lui adresse la parole.

[L'homme d'âge mûr]

Tout à l'heure, vous étiez formidable, mademoiselle. Quelle grâce vous avez ! Est-ce que je peux vous offrir un verre ? Cela me ferait tellement plaisir de partager un peu de temps avec vous.

(Elle est agacée par cette proposition et s'éloigne. En même temps, arrive le français. Elle l'aperçoit et va à sa rencontre. L'homme d'âge mûr comprend qu'il est inutile d'insister et il rentre dans la discothèque).

[La danseuse (elle fait un grand sourire)]

Bonsoir ! Vous allez bien ?

[Le français (souriant)]

Maintenant que je te retrouve, oui (ton trés ému pour le oui) !

(Ils se regardent alors sans se parler lorsqu'arrivent deux trés jolies jeunes filles à peine sorties de l'adolescence, trés bien coiffées, habillées avec des vêtements de marque mettant bien en valeur leur corps admirable et portant un sac à main également de marque. Elles attrapent les mains du français et font mine d'ignorer la danseuse).

[Les deux jeunes filles (en coeur)]

Tu viens danser avec nous beau français ?

[La danseuse (elle parle en Tunisien avec un ton cassant)]

Touchez pas à mon homme ! Barrez vous ! Pétasses ! (le dernier mot est prononcé de façon particulièrement méprisante) !

[Les deux jeunes filles (en coeur et en Tunisien)]

Oh ça va ! Ne t'énerve pas ! Un homme de perdu, dix de retrouvés (elles rient et lâchent les mains du français).

(la danseuse fait un geste montrant qu'elles doivent partir, les deux jeunes filles s'exclament de façon ironique)

Oh ce n'est pas vrai ! Elle est amoureuse d'un homme marié ! (elles rient)

Mais il est tout juste bon à t'entretenir ! Profites ! Fais lui payer au prix fort la moindre de tes faveurs. Tu pourras ainsi t'habiller avec des affaires de marque, avoir de belles chaussures, dîner dans les meilleurs restaurants, des séjours dans les hôtels de luxe. Les hommes ne méritent que cela ! Joue avec lui !

[La danseuse (en Tunisien)]

L'argent je l'ai gagné aussi avec mon corps. Comme vous le faîtes maintenant ! Mais cela mène à rien. On ne peut pas faire de projet avec ce genre de vie. Alors, ce soir, je ne jouerai pas car j'ai envie de vivre ma vie avec lui. Alors partez. Allez dans la discothèque, il y a un vieux débris en chaleur qui a essayé de me draguer. Je suis certaine qu'il fera votre affaire.

[Les deux jeunes filles  (en Tunisien)]

Oh ! Oh ! (faussement admiratives) Alors, d'accord, on te le laisse, ton français (mot prononcé de façon méprisante) !

(elles s'adressent alors au français mais il ne comprend pas le Tunisien)

Et toi français, prends bien soin d'elle car une femme amoureuse c'est fragile ! Ne nous déçoit pas car sinon nous occuperons de toi. Nous nous surpasserons pour te rendre la vie infernale ! (elles rient)

(elles partent vers la discothèque, après quelques pas, elles se retournent pour faire un baiser provoquant vers le français ce qui agace la danseuse)

[Le français]

Que voulaient ces deux petites allumeuses ?

[La danseuse (énervée)]

Frimer !

[Le français (d'une voix douce)]

Détent toi. (un temps de silence durant lequel le français la regarde dans les yeux) Elles sont parties.

[La danseu se]

Tu as raison, mon français. (un temps de silence, elle retrouve le sourire). Que veux tu faire cette nuit, danser ?

[Le français]

Non, je préfèrerais marcher avec toi sur la plage. Il fait si beau ce soir. Et j'ai temps de chose à te dire.

[La danseuse (émue)]

Vraiment ? (elle lui prend la main) Viens ! La nuit est à nous.

(ils quittent la scène en se tenant la main sous l'air de "O sole mio").

Fin de l'acte III.

Posté par cicisse à 18:55 - Essais - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 août 2007

Tentation : acte II

acte2Les gens ont maintenant quitté le bar de l'hôtel et il règne une pénombre. Les serveurs sont en train de ranger les tables. Le français a toujours sa posture d'enfant sur les genous de l'ange.







[Le français (en sanglottant)]

Pourquoi le chemin de la vertu est il aussi douloureux ? Pourquoi suis-je dans le désespoir ?

[L'ange vêtu de noir (avec une voix trés douce)]

La vertu mal comprise engendre le contraire de ce vers quoi elle veut tendre.

[Le français (il s'arrête de pleurer)]

Qu'aurais-je mal compris ?

[L'ange vêtu de noir]

Parce qu'il n'est pas durable, tu considères ton amour comme impossible.

[Le français]

C'est ce qui me déchire le coeur !

[L'ange vêtu de noir]

Certes, ton amour ne peut pas faire partie de ceux qui unissent l'homme et la femme durant toute leur vie. Le monde terrestre ne vous le permet pas. Cependant, il n'est pas impossible.

[Le français]

Comment celà ?

[L'ange vêtu de noir]

Que tu le veuilles ou non, il existe déjà en toi. Par contre, pour toutes les raisons que la vertu t'a exposé, ton amour ne peut être qu'éphémère. Mais, il en va de l'amour comme des êtres humains ! J'en enlève certains alors que ce ne sont que des enfants ou des jeunes gens, pour d'autres j'attends qu'ils soient devenus des vieillards usés par la vie.

[Le français]

Mais comment survivre après cet amour ?

[L'ange vêtu de noir]

En acceptant le caractère éphémère de la vie. C'est ce qui en fait l'intensité.

[Le français]

Mon premier amour n'a duré qu'une nuit et il restera gravé en moi jusqu'à la fin de ma vie. Tu as raison !

[L'ange vêtu de noir]

C'est pourquoi un amour éphémère est aussi beau que l'amour de toute une vie.

(la danseuse traverse rapidement le bar sans remarquer la présence du français à cause de la pénombre qui règne dans la salle. Son habillement met bien en valeur sa sensualité)

La voilà qui passe. Ne la trouves tu pas belle ?

[Le français]

Elle m'éblouit !

[L'ange vêtu de noir]

Regarde ses bras prêts à t'enlacer ! Regarde ses longs doigts disposés à caresser tes cheveux ! Regarde ses lèvres attendant de te donner le vertige ! Regarde son ventre ne demandant qu'à te donner le frisson !

(sur ces mots, le français quitte sa posture d'enfant, se lève et s'asseoit en face de l'ange)

[Le français]

Toutes ces qualités enflamment mes sens ! Mais, elles ne sont pas à l'origine de mon attirance.

[L'ange vêtu de noir (agréablement surpris)]

Mais alors, quelles en sont les fondations ?

[Le français]

L'intime conviction acquise dés le premier regard que nous nous attendions depuis une éternité.

[L'ange vêtu de noir]

Alors, ce serait dommage que tu passes à côté d'un tel amour, même s'il est voué à ne durer que quelques heures, car votre vie ne sera plus la même.

[Le français]

Que veux tu dire ?

[L'ange vêtu de noir]

Elle ne sera plus une jeune fille mais une femme. Ce qu'elle prendra de toi l'épanouira et sera, à l'instar de ton premier amour, une petite lumière qui la guidera avec confiance dans la vie. Quant à toi, tu sera parvenu à l'état d'homme mur et tu seras en mesure de remettre de l'ordre dans ta vie.

(l'ange montre au français la sortie du bar et prend un ton solennel)

Maintenant tu es face à un des choix les plus importants de ton existence. Elle est descendue à la discothèque de l'hôtel. Vas tu la rejoindre ou continuer une existence tourmentée par le remord ?

[Le français]

Sans hésitation, je la rejoins !

(le français se lève fait quelques pas puis se retourne pour parler une dernière fois à l'ange)

Merci du fond du coeur, car tu viens de me redonner goût à la vie !

(le français repart vers la sortie sous l'air de la chanson "Thank you Satan" du groupe Dionysos)

diable

Fin de l'acte II.

Que va-t-il se passer à la discothèque ?

Vous le saurez dans l'acte III.

Posté par cicisse à 21:54 - Essais - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 août 2007

Tentation

ange_noirC'est le soir, après le diner, dans le bar d'un grand hôtel d'une station balnéaire de Tunisie.
Un français, la quarantaine, en tenu décontractée, pantalon, T-shirt de marque, s'asseoit à une table du bar.
Il a une allure sportive. Il est trés souriant. Il promène son regard dans la salle.
Finalement, il s'arrête sur la scène ou une jeune femme de couleur métisse, aux longs bras, trés belle, fait une danse orientale.
La jeune femme reconnait l'homme européen car ils ont déjà échangé quelques mots dans la journée.
Furtivement, elle lui adresse un baiser à distance et fait un grand sourire avant de tourner sur elle-même.
Le français est à la fois surpris et ravi. Il se demande que faire.
Survient un ange ayant l'aspect d'un jeune homme vêtu de blanc. Il tourne autour de lui.


[L'ange vêtu de blanc (d'une voix trés aérienne)]

N'y pense pas. N'y pense pas. N'y pense pas.

[Le français]

Mais elle me plait ! Depuis cet après-midi, je n'arrête pas de penser à elle, à ses yeux, à son front, à ses cheveux, à ses lèvres, à son cou, à son corps, à la façon trés douce dont elle m'a parlé. Je l'ai dans la tête !

[L'ange vêtu de blanc (toujours d'une voix trés aérienne)]

Pense à ta femme. Pense à ta femme. Pense à ta femme.

[Le français]

Elle est restée en France.

(L'ange blanc s'arrete de tourner et s'asseoit en face du français)

[L'ange vêtu de blanc]

Il y a vingt ans d'écart entre toi et elle : tu crois pouvoir être à la hauteur, surtout dans quelques années ?

[Le français]

Ah, mais bien sur. Je me surveille ! Je fais du sport une fois par semaine, je fais attention à mon alimentation. Et puis tu sais ? JE L'AIME !

[L'ange vêtu de blanc]

Où allez vous vivre votre idylle ? Pas en Tunisie !

[Le français]

Ah bon ! Pourquoi ?

[L'ange vêtu de blanc]

Connais-tu la mentalité des gens d'ici ?

[Le français]

Non, je n'ai pas eu l'occasion d'en discuter durant mon séjour.

[L'ange vêtu de blanc]

Ici, il est suspect qu'une jeune fille aussi belle accepte de vivre avec un homme ayant 20 ans de plus qu'elle. Certes tu paraît bien conservé mais on voit quand même que le temps commence à faire son travail de sape. (L'ange vêtu de blanc touche alors le ventre du français pour montrer la petite proéminence de son ventre). Ils vont dire qu'elle est avec toi juste pour ton argent et qu'elle n'a pas de moralité. Sa famille sera déconsidérée. Ses amies la considéreront comme une voleuse d'homme, car tu es marié, je te le rappelle, et elles prendront leur distance avec elle. Ta belle danseuse sera malheureuse et tu pourras remplir une piscine avec ses larmes !

[Le français]

Eh bien, nous vivrons en France ! Dans mon immeuble, il y a un vieux berbère qui vit avec une femme ayant 20 ans de moins que lui et en plus il lui a fait quatre enfants !

[L'ange vêtu de blanc]

Et comment est-elle cette femme ?

[Le français d'un ton dégoûté]

Moche, trés trés moche ! Je ne sais pas comment il a fait pour ses enfants.

[L'ange vêtu de blanc]

Alors tu vois ! Il y a toujours des contre-parties. L'amour totalement désintéressé entre deux êtres humains n'existe pas. Seul l'amour de Dieu est désintéressé !

[Le français]

Mais alors comment avoir une vie commune saine si on ne peut pas avoir confiance en l'autre ?

[L'ange vêtu de blanc]

C'est en suivant les commandements de Dieu que l'homme et la femme peuvent avoir une relation saine et durable. Tout a déjà été écrit. Il n'y a qu'à lire et suivre les commandements.

[Le français]

Si nous ne pouvons pas vivre heureux en Tunisie alors nous vivrons notre bonheur en France.

[L'ange vêtu de blanc]

As-tu pensé au divorce ?

[Le français]

Mon mariage a-t-il encore un sens si je tombe amoureux d'une autre ? Ne serait-il pas préférable que je mette les choses au clair avec mon épouse plutôt que de poursuivre une vie qui sera faite de dissimulations et de mensonges ?

[L'ange vêtu de blanc]

Toute vérité n'est pas forcément bonne à dire car ta demande de divorce va briser le coeur de ton épouse qui a toujours gardé son rêve de jeune fille d'amour éternel. D'ailleurs, elle t'a fait partager ses rêves et tu n'as rien dit.

[Le français]

Oui, ses rêves étaient beaux. Mais ils me mettaient mal à l'aise sans que j'en connaisse la raison. Aujourd'hui, j'ai compris : elle avait plaqué sur moi l'homme idéal que je ne suis pas et au fond de moi-même je sentais que je ne pourrais pas endosser longtemps ce rôle. Elle ne s'en est pas rendu compte de mon malaise car l'amour rend aveugle. Mais, je prends ma part de responsabilité car je reconnais avoir agit avec une folle légèreté.

[L'ange vêtu de blanc]

Ne penses tu pas que cette jeune femme dont tu viens de tomber amoureux fait le même genre de rêves que ton épouse et qu'elle ne voit pas les problèmes qui vont lui tomber dessus ?

[Le français]

Je ne compte lui cacher aucun détail de ma vie. Elle me jugera et décidera si nous pouvons vivre heureux ensemble.

[L'ange vêtu de blanc]

Il est dommage que tu n'ais pas eu cet état d'esprit quand tu as rencontré celle qui allait devenir ton épouse.

(L'ange poursuit sur un ton ironique)

Mais, dis-moi, comment vas tu faire pour le visa de ta danseuse ? La politique de ton nouveau président n'est pas l'ouverture des frontières ! Tu n'as jamais entendu parlé des difficultés à obtenir un visa ?

(Sur un ton grave)

Tu ne te rends pas compte mais ton pays est en train de devenir un camp retranché. Et la façon dont vous traitez ceux qui n'ont pas de papier manque parfois cruellement de dignité.

(Sur un ton neutre)

Je passe maintenant à un autre aspect du problème car tu me sembles aveuglé par ton amour. Tu te rappelles de la façon dont elle t'a parlé de Tunis cet après-midi ?

[Le français]

Oui, elle en parlait trés chaleureusement. J'aimerais tant qu'elle me fasse visiter sa ville natale ! Je ne peux pas avoir de meilleur guide qu'elle !

[L'ange vêtu de blanc]

Meilleur guide ? Ne rêve pas trop !

[Le français]

Pourquoi ?

[L'ange vêtu de blanc]

Si tu te promènes avec elle dans les rues de Tunis alors les gens vont penser que cette promenade touristique n'a que l'apparence de l'innoncence et qu'elle a de forte chance de se terminer par des faveurs que prodiguera la belle dans un appartement cossu d'un beau quartier de la ville. (L'ange prend un air accablé). Je sais que tes intentions sont pures mais c'est la mentalité ici.

[Le français]

Mais elle est infernale cette mentalité !

[L'ange vêtu de blanc]

Oui et non !

Si ta petite fleur Tunisienne parle chaleureusement de sa ville natale c'est parce qu'elle aime son pays. Ici, les gens ne sont jamais seuls même si celà peut être parfois pesant pour la vie privée. Chez vous, les relations sont froides, surtout dans les grandes villes où on ne prend pas le temps de faire connaissance avec son voisin de palier et de le recevoir.

[Le français]

Nous nous installerons dans une petite ville où les relations entre les gens sont plus importantes.

[L'ange vêtu de blanc]

Les ragots aussi !

[Le français]

Tu ne m'aides vraiment pas !

[L'ange vêtu de blanc]

Mon rôle est de te mettre en face des réalités et non à t'inciter à te comporter comme un petit garçon. Je te le redis : en France, ta petite fleur Tunisienne va dépérir.

[Le français]

Tu me démoralises.

[L'ange vêtu de blanc]

Tu dois savoir une dernière chose. Juste avant l'anniversaire de ses vingt ans, son père lui a dit : "ma fille, tu vas avoir vingt ans, tu vas pouvoir sortir de la maison et travailler mais attention si tu quittes la maison pour vivre avec un homme alors ce sera définitif". Ecoute moi bien : si cette jeune femme te suit pour aller vivre avec toi en France et que c'est un échec alors elle sera dans le plus grand malheur : la fin de ses rêves de jeune femme vont la plonger dans la plus grande tristesse et elle ne pourra pas revenir dans le seul endroit où elle pourrait retrouver de l'affection. Moralement, elle sera détruite. Comme seule ressource il ne lui restera plus qu'à être une femme aux mille amants. Est-ce vraiment ce que tu souhaites pour elle ?

[Le français]

Non car je l'aime et je ne peux pas être heureux si elle est malheureuse.

[L'ange vêtu de blanc (il regarde intensément le français droit dans les yeux et parle d'un ton grave)]

Alors, que décides tu ?

[Le français]

Je renonce à mon amour même si je dois garder un coeur blessé pour le restant de ma vie.

[L'ange vêtu de blanc]

Tu viens de faire le choix de raison. Quant au restant de ta vie, consacre la davantage à Dieu. Va vers les autres sans penser à satisfaire ton égo. Tu as encore beaucoup d'autres aspects du monde à découvrir. Et, s'il te plait, quand tu seras rentré en France, refais du sport car tu t'es relâché durant ces vacances. (l'ange lui touche à nouveau le ventre pour lui faire sentir qu'il a une petite rondeur à éliminer)

[Le français (il voit passer un serveur)]

Garçon, un cognac ! (A lui-même et avec une voix tremblante) J'ai le plus grand chagrin de ma vie à noyer !

L'ange vêtu de blanc s'éloigne satisfait. Le serveur apporte la boisson et le français commence à boire. La jeune femme a terminé sa danse. Le public applaudit la danseuse. Elle se retire de la scène pour retourner dans sa loge.

[Le français (en sanglotant)]

Je suis malheureux ! Pourquoi cet amour impossible est tombé sur moi ? Je désirais simplement de me reposer, de me détendre et de me distraire. Rompre tout simplement pendant quelques jours avec une vie ordinaire et monotone. Pourquoi cet amour à quarante ans ? Pourquoi ces tourments ! (le français se met alors à pleurer à grosses larmes mais personne ne le remarque car le public continue à applaudir la danseuse)

Il apparaît alors un ange ayant l'aspect d'une belle jeune femme aux longs cheveux noir et portant une robe noir. Elle s'asseoit à côté de lui et le prend trés maternellement dans ses bras pour le consoler sous l'air de la chanson "Angel" du groupe "Massive Attack"

Fin du premier acte.

Que souhaitez-vous comme fin pour cette petite pièce de théatre ?

Adeptes des matches d'improvisation théatrale, je suis ouvert à vos suggestions car la partie semble difficile à gagner pour l'ange noir !

La suite dans un prochain post.

Quelques remarques personnelles dans la rubrique "commentaires"

Posté par cicisse à 18:59 - Essais - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1