Cisseron

Réflexions et échanges avec les autres sur tous les sujets de la vie.

10 avril 2009

La peine de mort

Christ_sur_chaise_electrique

GAP (AFP) — Une sculpture représentant le Christ mort sur une chaise électrique, exposée jusqu'à dimanche dans la cathédrale de Gap (Hautes-Alpes), ne laisse pas les visiteurs indifférents, ce qui n'est pas pour déplaire à Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et d'Embrun.

Baptisée "Pieta", la sculpture de Paul Fryer représentant la passion du Christ vaut à Mgr di Falco, à l'origine de l'exposition, de vives réactions, "en majorité positives", précise-t-il.

L'innovation en matière de représentation religieuse laisse peu de personnes indifférentes.

Pour moi, cette sculpture renvoit à la peine de mort. Du temps de Jésus de Nazareth, elle était symbolisée par la croix. Aujourd'hui, celle-ci est appliquée de multiple façon mais depuis que la guillotine a été remisée au placard des instruments de mort, la chaise électrique est sans doute le mode d'assassinat qui frappe le plus les esprits en raison de la violence et de la soudaineté de son action.

Si cette représentation choque alors tant mieux ! Elle permet à l'opinion publique de ne pas se voiler la face vis à vis de la peine de mort.

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12 décembre 2008

ça c'est du lourd !

Voici une chanson qui a failli de me faire pleurer.

Je viens de l'entendre, ce soir, sur France 2, dans l'émission "Tandem" présenté par Christophe Hondelatte ". Jane Birkin, une des invités de cette émission de variété, a versé quelques larmes.

Pour ne pas oublier ces belles paroles qui pianotent sur ma sensibilité, je les mets sur mon journal intime.

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Je m'souviens , maman qui nous a élevés toute seule, nous réveillait pour l’école quand on était gamins, elle écoutait la radio en pleurant notre pain, et puis après elle allait au travail dans le froid, la nuit, ça c’est du lourd.

Ou le père de Majid qui a travaillé toutes ces années de ses mains, dehors, qu’il neige, qu’il vente, qu’il fasse soleil, sans jamais se plaindre, ça c’est du lourd.

Et puis t'as tous ces gens qui sont venus en France parce qu’ils avaient un rêve et même si leur quotidien après il a plus ressemblé à un cauchemar, ils ont toujours su rester dignes , ils n'ont jamais basculé dans le ressentiment, ça c’est du lourd , c’est violent.

Et puis t'as tous les autres qui se lèvent comme ça, tard dans la journée, qui se grattent les bourses, je parle des deux, celles qui font référence aux thunes, du genre “la fin justifie les moyens” et celles qui font référence aux filles, celles avec lesquelles ils essaient de voir si y’a moyen, ça c’est pas du lourd .

Les mecs qui jouent les choses zerma devant les blocs deal, un peu de cock, de temps en temps un peu de ke-cra (crack) et disent « je connais la vie moi monsieur ! », alors qu’ils connaissent rien, ça c’est pas du lourd.

Moi je pense à celui qui se bat pour faire le bien, qu'a mis sa meuf enceinte, qui lui dit j’t’aime, je vais assumer, c’est rien, c’est bien, qui va taffer des fois même pour un salaire de misère, mais le loyer qu’il va payer, la bouffe qu’il va ramener à la baraque, frère, ça sera avec de l’argent honnête, avec de l’argent propre, ça c’est du lourd.

Je pense aussi à ces filles qu’on a regardé de travers parce qu’elles venaient de cités, qu'ont montré à coup de ténacité, de force, d’intelligence, d’indépendance, qu’elles pouvaient faire quelque chose de leur vie, qu’elles pouvaient faire ce qu’elles voulaient de leur vie, ça c’est du lourd.

Mais t’as le bourgeois aussi, genre emprunté, mais attention je n'généralise pas, je dis pas que tous les bourgeois sont condescendants, paternalistes ou totalement imbus de leur personne, je veux juste dire qu’il y a des gens qui comprennent pas, qui croient qu’être français c’est une religion, une couleur de peau, ou l'épaisseur d’un portefeuille en croco, ça c’est bête , c'est pas du lourd , c’est…

La France elle est belle, tu le sais en vrai, la France on l’aime, y’a qu’à voir quand on retourne au bled, la France elle est belle, regarde tous ces beaux visages qui s’entremêlent.

Et quand t’insultes ce pays, quand t’insultes ton pays, en fait tu t’insultes toi-même, il faut qu’on se lève, faut qu’on se batte dans l’ensemble, rien à faire de ces mecs qui disent “vous jouez un rôle ou vous rêvez”, ces haineux qui disent “vous allez vous réveiller”, parce que si on est arrivé, si on est arrivé à faire front avec nos différences, sous une seule bannière, comme un seul peuple, comme un seul homme, ils diront quoi tous ?

C’est du lourd, du lourd, un truc de malade…..

Abd Al Malik - "C'est du lourd"

abdalmalik_c_est_du_lourd


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Allez ! J'arrête d'écrire et je retourne devant la télévision. Les vraies émissions de variété sont si rares.

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22 mars 2008

Au commencement était le désir

universite_NanterreEn 1964, afin de désengorger la Sorbonne, il était décidé de construire à Nanterre, sur un ancien terrain militaire, à côté du bidonville, une université "à l'américaine".

En 1967, l'usage de la pilule contraceptive était légalisé en France. Les femmes allaient avoir le moyen de décider du nombre d'enfants qu'elles souhaitaient. A l'instar des hommes, elles allaient aussi pouvoir accéder au plaisir sexuel sans redouter une grossesse.

Début 1968, un groupe d'étudiants décide de violer le règlement intérieur de la cité universitaire en allant dans la partie réservée aux filles pour ... dîner ensemble (et probablement plus si affinité). Le lendemain, ils recommencent. L'administration de l'université décide alors de faire appel à la police pour mettre de l'ordre dans la cité. C'est la première friction entre les étudiants et le pouvoir.

Toujours en ce début de 1968 et dans la même université, un groupe d'étudiants n'accepte pas l'arrestation de certains de leurs camarades suite à leur participation à une manifestation contre la guerre du Vietnam.

Le 22 mars, il y a quarante ans, ce groupe décide d'occuper la salle du conseil de la faculté.

Lassés d’une société autoritaire et paternaliste, les jeunes dénoncent pêle-mêle le capitalisme, l’austérité morale gaulliste, les arrestations de leurs camarades, tout en prônant la libération sexuelle et plus de droits pour la femme.

La France allait s'agiter jusqu'au paroxysme du 13 mai 1968 avec la grève générale.

13mai68

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05 octobre 2007

Caramel

Ce soir, je me sens bien.

Pourquoi ?

Tout d'abord, grâce à un article paru dans le Journal du Dimanche, écrit par Barbara Théate, j'ai réussi à voir, ce soir, un film que je voulais regarder depuis le 15 août : Caramel

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J'ai mis du temps car le film ne passe que dans les salles de cinéma classés "Arts et Essais" et qui ne survivent que grâce au soutien financier des municipalités. Pour éviter qu'ils ne coûtent trop chers, ils sont fermés en août. Normal, les gens sont en vacances.

J'ai attendu septembre. Et là, toujours rien ! Je commençais à désespérer de notre horizon culturelle de plus en plus phagocitée par le cinéma à visée essentiellement mercantile.

Fin septembre, miracle ! Dans la ville voisine, Caramel était enfin programmé. Toutefois les horaires n'étaient pas sympathiques : 16 h 30 ou 18 h 30 selon les jours. Avec de tels horaires, il n'y avait dans la salle que 5 personnes qui avaient pû se libérer de leurs obligations quotidiennes pour voir ce film.

Je n'ai pas regretté ma persévérance car ce film m'a fait oublier mon quotidien durant une heure et demi.

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Lors de mes voyages en Egypte et en Tunisie, j'ai remarqué que la relation au temps était différente de celle de l'Occident. J'ai retrouvé ce même rythme temporel dans le film.caramel1





Ensuite j'ai été ému de retrouver cette capacité de compassion vis à vis de la détresse d'autrui.

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Les détresses de chacune des femmes sont décrites avec une pudeur toute orientale, à la façon d'un peintre impressionniste.

Les sentiments sont d'avantage suggérés qu'affirmés.

caramel6

Enfin, je trouve que Nadine Labaki maîtrise parfaitement bien sa caméra : le sentiment d'humiliation de Nisrine sur la table d'opérations du gynécologue se passe de commentaires, tout comme le sentiment d'impasse de Layale et la tristesse de la tante Rose engendrée par son choix de ne pas aller au rendez-vous de son amoureux.

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Si vous avez l'occasion alors allez donc voir ce film !

affiche_caramel

J'espère que cette réalisatrice aura l'occasion de faire d'autres films car, pour moi, ce premier est une réussite !

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04 septembre 2007

Vivre libre

Avant de partir en vacances, il y a énormément de choses à faire. C'est le paroxisme d'une année de travail où le temps a manqué pour faire autres choses, s'intéresser à d'autres aspects de la vie que celle de votre quotidien : lire par exemple. Dans la frénésie des préparatifs, je me suis posé la question : que lire durant mes vacances ? J'ai d'abord pris le n° 11 du magazine « Philosophie Magazine » portant comme titre « Hommes - Femmes le mélange des genres ». Toutefois, l'épaisseur du magazine me paraissait bien mince. Aussi, je me suis dis qu'il fallait prendre un livre.

 

Cependant il était 22 h 30 quand cette belle idée m'est venue et le départ était fixé le lendemain matin, le plus tôt possible, afin de ne pas perdre une seule seconde de ces précieuses vacances. Donc, pas moyen de passer à la librairie, flaner et acheter ce compagnon que je considérais comme indispensable à mes vacances. Que faire ? Idée : descendre au sous-sol où il y a plein de livres qui ont été entreposés. Je trouverais peut être mon bonheur.

Je descends. Je parcours les rayons des étagères et mon regard s'arrête sur un livre intitulé « Vivre libre » écrit par Loubna Méliane, parue aux éditions « OH ! » en 2003.

loubna_meliane

Qui l'a déposé ? Mystère ! Le résumé indique qu'il s'agit d'une jeune fille, âgée de 25 ans, française, d'origine maghrébine, vivant dans une cité d'une grande ville française, racontant sa vie faite de blessures et de luttes pour la dignité des jeunes filles des cités et la liberté de pouvoir vivre sa vie. Est-ce une bonne lecture de vacances ? J'avoue avoir hésité car les vacances c'est aussi se laver l'esprit de toutes les contrariétés de la vie, se donner l'illusion que le paradis sur terre existe au moins durant les temps des vacances.

 

Je m'apprêtais à remonter sans prendre le livre lorsqu'une pensée m'est venue : les vacances sont aussi l'occasion de s'intéresser aux autres et de progresser dans la vie.

En outre, j'ai vécu des années dans une ville où d'un côté de la rue il y a des cités ghetto dont le mérite est d'accueillir la misère humaine et, de l'autre côté, il y a de belles résidences peuplées de gens bien insérés dans la société. Cette situation de séparation m'a toujours gêné et je n'ai pas vu comment briser ce mur invisible qui nous sépare. Soudain, j'ai réalisé que ce livre écrit par une jeune femme qui avait envie de parler de sa vie était une occasion de faire un petit trou dans ce mur invisible. Je l'ai donc pris avec moi en vacances. Je n'ai pas regretté ma décision.

 

Mon premier commentaire est tout à fait personnel car le livre m'a interpellé au niveau de mon histoire familliale. Il y a  un même destin tragique entre ma grand-mère paternelle, que je n'ai pas connue car elle est décédée quand mon père avait quatre ans, et sa mère, disparue quand elle avait six ans. Au départ le scénario est le même : une jeune fille, bien éduquée, très cultivée et rêvant de faire une carrière artistique. Ensuite, il y a le mariage avec un jeune homme très amoureux dont la gentillesse a contribué fortement à la séduction de la jeune fille. Mais voilà, la jeune fille ne s'est pas rendu compte que la belle famille était très différente de sa famille. Chez Loubna la famille paternelle est pauvre, son père immigre en France et sa femme se retrouve ouvrière dans une usine à moutarde et vivant dans un quartier HLM de la banlieu de Dijon. Le contraste avec sa vie aisée de jeune fille au Maroc est énorme. Et quand elle revient au Maroc dans sa famille elle voit bien tout ce qu'elle a perdu et commence à prendre conscience qu'au fil du temps ses rêves de jeunes filles ne se réaliseront jamais et qu'elle s'enfonce dans une existence de plus en plus médiocre.

Du côté de ma famille, la belle mère et la belle soeur de ma grand mère sont horribles avec elle. Elles ne supportent pas cette jeune fille qui les écrase par sa grâce, sa culture et surtout par l'éducation qu'elle a reçu, une éducation très en avance sur son époque, puisque dans sa famille, on est dans les années 1920, les filles recoivent une éducation avancée, travaillent, ont des activités extérieures et même apprennent à conduire une voiture. Le contraste est énorme avec la famille de mon grand père qui est profondément ancrée dans le catholisisme le plus traditionnel où les relations entre les hommes et les femmes peuvent se résumer à ce qu'écrivait Paul de Tarse dans une de ses lettres « Vous les femmes, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. Vous les hommes, aimez vos femmes sans aigreur contre elles ». Onze ans après le mariage, ma grand-mère fait une dépression nerveuse et « on » (et c'est là où commence le secret de famille car je ne sais pas qui est derrière le « on ») décide de l'interner en hôpital psychiatrique. Or cela se passe en 1940, la guerre avec l'Allemagne étant déclarée depuis plusieurs mois. En juin 1940, l'armée allemande arrive en Champagne. Les populations civiles sont paniquées. Tout le monde est sur la route. Mon grand-père avec ses deux premiers enfants s'enfuit dans une voiture. Mon père, l'enfant le plus jeune,  avec une de ses tantes sont dans une autre voiture. Ma pauvre grand-mère est transférée dans un hôpital plus au sud. Et là commence le mystère car elle est déclarée morte dans cet hôpital. Que s'est il passé dans ce moment de confusion nationale. Je n'en sais rien. Mon père n'a pas pu me donner d'explication. Alors mon frère et moi, une fois adulte, sommes allés à la pêche aux informations, avec beaucoup de difficultés car mon père avait quatre ans. Mon oncle et ma tante ne m'ont pas apporté d'explications mais ils étaient jeunes aussi. Quant à la génération antérieure, elle était déjà morte lorsque mon frère et moi avons voulu en savoir plus.

 

Du côté de la maman de Loubna, elle est retrouvée morte en Egypte. Elle serait partie avec un homme Saoudien. L'explication officielle de la police Egyptienne, mais peu convaincante, est une mort par suicide. J'ai également entendu cette même explication pour ma grand-mère mais elle est très contestable car les transferts se faisaient en camisole de force et il est  impossible dans de telles conditions de se suicider.

 

Pour Loubna, la recherche d'explications est aussi difficile à cause du manque de communication de sa famille maternelle et on sent aussi la présence d'un secret de famille. Finalement, elle réussit à bâtir un scénario qui lui semble crédible : l'homme saoudien a séduit sa mère en lui promettant une carrière artistique en Egypte, une fois arrivée en Egypte elle s'est vue obligée de vendre ses charmes, sa maman a résisté et elle a été tuée pour ce motif.

 

Ce type de drame influe négativement sur le déroulement de l'enfant qui se trouve privé de l'amour d'une mère, sans savoir pourquoi. Ce manque d'amour est un terrible boulet qui pèse d'autant plus quand les difficultés de la vie surgissent. Et Loubna en a eu des difficultés.

 

D'abord, il y a eu l'école. Loubna a une énorme soif d'apprendre. Elle veut faire des études et avoir son bac. Et surtout, elle veut que son père soit fier d'elle. Elle s'accroche du mieux qu'elle peut. Mais comme elle l'explique si bien : comme faire quand on doit s'occuper de ses frères, de faire le repas, de faire la vaisselle et le ménage. Résultat : elle décroche et elle est orientée vers une fillière professionnelle qu'elle n'aime pas.

Ensuite, elle cherche à se réaliser dans le schéma traditionnel des sociétés arbo-musulmanes. Elle tombe amoureuse d'un jeune garçon de sa cité et aspire au mariage pour fonder un foyer et être une bonne épouse. Malheureusement, le jeune garçon, il a 17 ans, ne se reconnaît pas dans ce schéma qui lui demande d'assumer ses responsabilités de chef de famille. Il veut faire comme les autres : avoir des aventures, se payer de belles choses, profiter de la vie. Alors il décline l'offre de mariage faite par le père de Loubna. A ce moment là, Loubna touche le fond du désespoir.

 

Comment remonte-t-elle la pente ? Pour ne pas résumer l'intégralité du livre je préfère vous renvoyer au livre.

 

Je termine sur la fin du livre où elle présente ses combats en faisant quelques commentaires sur le problème posé par certains mouvements islamistes qui cherchent à imposer à l'école de la République le port du voile en classe par les jeunes filles musulmanes.

Loubna a les mots justes et je suis content d'avoir trouvé une alliée. Aussi, je me permets de reproduire ici son argumentaire afin d'en augmenter la portée (même si mon taux d'audience est ridicule) :

 

1°) [...] la religion c'est une affaire entre Dieu et toi. Chez les intégristes, plus question de relation individuelle. Le voile n'est plus la promesse qu'une femme fait à Dieu de se consacrer à la religion. Il devient  un  moyen d'imposer à la femme un statut d'infériorité en même temps qu'il le symbolise.

 

Pour ma part, j'ajoute qu'en cédant sur le voile en classe, le problème se posera alors au niveau de l'éducation physique (notamment la natation) car il est absurde de faire de l'athlétisme ou de la natation avec un voile ou alors il faut revenir au principe de mixité ce qui est pour moi inacceptable alors qu'il y a déjà tant de barrières entre les garçons et les filles. Par ailleurs, cela inciterait les autres mouvements religieux à formuler aussi leur revendication et l'école deviendra ingérable.

 

2°) la religion, c'est dans ton coeur, chez toi ou à la mosquée, mais sûrement pas en cours de maths ou de français.

 

Je suis tout à fait d'accord avec Loubna. Effectivement, le voile n'est pas nécessaire pour apprendre la démonstration du théorème de Pytagore et rendre en même temps grâce à Dieu. Ce qui me fait chaud au coeur, c'est que toi, musulmane tu le dis. En effet, moi qui suis chrétien, je le pense aussi et je le dis. Cependant, je suis freiné par l'attitude des églises chrétiennes.

 

L'église catholique romaine considère que cette opposition du voile constitue un intolérance religieuse. Cette position me décoit car elle feint d'ignorer la menace qui pèse sur toutes les jeunes filles musulmanes de France (auront-elles vraiment le choix si le port du voile est autorisé en classe).

Quant à l'église réformée de France, elle pointe le drame que représente l'exclusion de ces jeunes filles de l'école. C'est vrai, mais cette approche fait porter la culpabilité sur ceux qui veulent sauvegarder le petit espace de liberté que leur offre l'école de la République alors que ce sont ces mouvements islamistes qui sont coupables. L'église réformée de France devrait pointer cette irresponsabilité. Toutefois, je crains qu'elle ne le fasse pas car ne voulant pas allumer une guerre de religion dont elle a  elle-même souffert dans le passé.

 

Alors, je crois que  nous, les républicains, il ne faut compter que sur nous même pour faire obstacle à ce mouvement de régression, quelle que soit notre religion d'origine.

 

En conclusion, Loubna : tu revendiques être à la fois française et musulmane. Pour ma part, il n'y a pas de problème :  la France a besoin de toi car tu l'aides à avancer.

 

Tu peux être fier de ce que tu fais.

 

Post Scriptum

 

Je vous invite à consulter le site de l'éditeur, www.oheditions.com, car on trouve dans la rubrique « Document » d'autres ouvrages remarquables (même si on ne sort pas indemne après de telles lectures) comme :

  • « Brûlée Vive » écrit par Souad, jeune fille de 17 ans brûlée vive par son beau-frère parce qu'elle avait eu une histoire d'amour en dehors du mariage

  • « Mutilée » écrit par Khady, jeune fille témoignant de son e x c i s i o n,

  • « Mariée de force » écrit par Leïla.

souadLeilakhady

Un grand coup de chapeau à Marie Thérèse Cuny qui a aidé toutes ces jeunes femmes à écrire leur histoire douloureuse et faire avancer la société sur ces drames.

Posté par cicisse à 22:11 - Culture et média - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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