16 juin 2009
Plan de relance du gouvernement
Le Gouvernement lance une nouvelle idée pour relancer l'activité... la relance par l'avocat (cliquer sur l'image ci-dessous pour une meilleur lisibilité).
PS : un commentaire plus sérieux de ce nouveau formulaire de demande de RSA se trouve en page 14 du journal Libération datée du 16 juin 2009.
19 février 2009
France, que deviennent tes libertés ?
Voici un article trouvé sur le site Internet du journal "la Marseillaise", aujourd'hui.
L’Abbé Pierre doit se retourner dans sa tombe. L’un de ses compagnons a été mis en garde à vue pendant six heures pour en avoir hébergé un autre. Une entorse à la règle sacrée qu’est l’ « accueil inconditionnel » de cette association humanitaire. Aussitôt, a été décidé une fermeture, hier après-midi, des communautés de la région alors que les principales associations luttant pour la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux ralliaient la traverse Parangon, où se trouve la communauté Emmaüs Pointe-Rouge.
Kamel, le responsable gardé à vue, témoigne : « Des policiers de l’air et des frontières sont arrivés et m’ont demandé de les suivre à la suite de l’arrestation d’Hamid lundi sur la voie publique. Ils voulaient vérifier le lieu d’hébergement, mais ont posé des tas de questions sur la communauté, les moyens de financement, les donateurs. Je suis resté six heures, j’ai dû prévenir ma famille, bref, le choc traumatisant et déstabilisant. Un mauvais film. Puis ils sont revenus à la Pointe-Rouge pour fouiller des "dossiers bleus", ceux de nos compagnons hébergés ici. Et ils cherchaient ceux à consonance étrangère. Je n’ai jamais vu ça ! »
Une « grande » première pour cette institution qui a aussitôt réagi par l’intermédiaire d’Emmaüs France qui proteste contre cet état de fait en spécifiant « qu’une telle perquisition est de nature à fragiliser gravement ces populations démunies. De même, qu’il est intolérable de rechercher des personnes sans papiers dans des hôpitaux, à proximité des écoles ou dans des crèches ou dans des centres d’hébergement. »
Pour sa part, l’avocat d’Emmaüs, Olivier Giraud, déclare être « très surpris de cette perquisition et se demande si l’on en veut à la communauté ». C’est évidemment la même interrogation qui secoue les associations humanitaires (Médecins du monde, la Cimade, Réseau éducation sans frontières, la fédération nationale des associations de réinsertion sociale, l’Uriopss et son collectif Alerte, etc.) qui envisagent une riposte commune d’ampleur. En attendant, une pétition est en place dans les 120 communautés de France pour ne pas « accepter l’inacceptable ».
Je suis d'accord avec le journaliste : l'abbé Pierre doit se retourner dans sa tombe. Si il était vivant alors je crois qu'il aurait donné de la voix dans les médias. Si il était vivant alors les policiers n'auraient sans doute pas osés.
Ceux qui sont au pouvoir se donnent peu de moyens pour mener une politique volontariste contre la crise et ses origines. Alors, il s'en prend aux plus faibles et à ceux qui les aident, aujourd'hui. Demain, ce sera peut être le tour de ceux qui critiquent ce pouvoir.
Mise à jour du 21 février 2009
Le 17 octobre 2007, Nicolas Sarkozy avait dit, devant le Conseil économique et social : «Quand quelqu'un est dans la rue, on ne va pas lui demander ses papiers» ... «Toute autre politique est absurde et n'aura donc pas mon soutien».
Encore un trou de mémoire !
10 février 2009
La France en colère
Qui sème le vent ... récolte la tempête.
Attention quand même, gentil manifestant. Rappelle toi qu'une personne qui se promenait en vélo, l'année dernière, à Renne, avec une pancarte où il était écrit une phrase dite par Nicolas Sarkozy au salon de l'Agriculture à un visiteur qui ne voulait pas lui serrer la main, a été condamné à une amende de 30 euros avec sursis (il a fait appel et le ministère public a demandé maintenant une amende de 1000 euros).
Toi aussi fait attention. Toi aussi ... Nicolas Sarkozy ne supporte pas d'être critiqué et, surtout, d'être traité comme lui il traite les autres. Fais attention ...
10 décembre 2008
Nabot Léon
Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il
fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà,
il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le
Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les
projets ;
ne pouvant créer, il décrète ;
il cherche à donner le change
sur sa nullité ;
c'est le mouvement perpétuel ;
mais, hélas !
cette
roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir
a
épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime
la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne,
ce qui brille,
toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la
banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les
satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et
qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible
que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car,
la France,
il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave,
la nie,
l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers
l'absurde,
d'un homme médiocre échappé.
Ce texte n'est pas de moi.
Contrairement aux apparences, il ne fait pas allusion à Nicolas Sarkozy.
Non, il s'agit d'un extrait de "Napoléon le Petit" écrit par Victor Hugo en 1852 au sujet de Louis Napoléon Bonaparte qui allait devenir Napoléon III avec la proclamation du Second Empire.
05 novembre 2008
Yes we can
Quand on veut, on peut !
C'est une des devises préférées de mon père. Il me la apprise quand j'étais étudiant, en train de préparer mes concours à un moment où il fallait que je m'accroche.
C'est comme cela que je traduirais le slogan de la campagne de Barack Hussein Obama.
Son élection était loin d'être gagnée quand il n'était qu'un candidat à l'investiture du parti Démocrate, face à une femme politique intelligente, Hillary Clinton.
Et puis, il y avait les origines susceptibles de heurter une partie de l'électorat du parti Démocrate et les indécis qui votent tantôt Démocrate, tantôt Républicains. Pensez ! Un père, immigré du Kenya, musulman (d'où son second prénom). Mais, il y a eu la crise financière qui a fait prendre conscience à bon nombre d'américains qu'ils allaient droit dans le mur avec les Républicains. Alors, comme me l'a dit ironiquement un ami américain, beaucoup de "petits blancs" se sont dit : "votons pour le nègre pour qu'il nous tire d'affaire".
"Nous tirer d'affaire" : je crois que cela résume bien le défi auquel est confronté le nouveau président. Bonne chance Obama !
Quant à nous, petit français, j'espère que cela aidera les plus conservateurs d'entre nous à évoluer. Ce soir, j'ai vu Rama Yade qui commentait l'élection d'Obama depuis son bureau, non pas de la Maison Blanche mais du ministère des affaires étrangères. Derrière elle, il y avait les drapeaux de l'Union européenne et de la France, comme lorsque le président de la République fait son allocution. Soudain, j'ai imaginé que c'était elle notre président de la République : une jeune femme d'origine Sénégalaise, belle et culottée à la tête de notre pays. We can do it ?
29 septembre 2008
Encore des taxes !
Après la taxe "pique-nique" (projet de taxe sur la vaisselle jetable), voici une nouvelle idée qui a germé dans les cerveaux fertiles de quelques députés : la taxe sur le gras. Voici la dépêche de l'AFP de ce jour.
PARIS (AFP) - Un rapport parlementaire sur la prévention de l'obésité envisage de moduler la fiscalité des aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle, l'augmentant pour les produits trop gras, trop salés ou trop sucrés, et la baissant pour les fruits et légumes.
Dans un rapport, dont l'AFP a obtenu le texte provisoire, doit être présenté mardi à la commission compétente de l'Assemblée par la députée UMP Valérie Boyer.
Il rappelle qu'en France un adulte sur deux est en surcharge pondérale. 16,9% sont obèses, 32,4% en surpoids et en 15 ans la prévalence de l'obésité chez les adultes a plus que doublé. Un enfant sur cinq est en surcharge pondérale. Le surpoids et l'obésité coûtent à l'assurance maladie quelque 10 milliards d'euros. [...]
Jusqu'à maintenant, l'idée de taxer ceux qui "s'engraissent" ne paraissait pas aberrante. Mais ici, on va trop loin car l'Etat se met à intervenir dans nos choix les plus personnels. Certes, il s'agit de taxer pour notre bien afin de nous faire comprendre qu'il faut manger équilibré. Mais, l'idée du rapport parlementaire est de la faire par une douce coercition : l'arme fiscale. Plus vous prendrez de l'ampleur, plus votre bourse se contractera.
Cette omniprésence de la fiscalité dans notre vie quotidienne commence à m'irriter. Pour essayer de convaincre la commission "compétente" de l'Assemblée Nationale, je lui propose d'écouter l'histoire suivante que m'a raconté un ami.
Un homme portait un manteau. Il le portait depuis longtemps de sorte qu'il est devenu sale et ne sentait pas bon. Mais il ne voulait pas s'en séparer car il craignait de prendre froid. Le vent voyant cet homme dit au soleil : "Regarde cet homme avec son manteau ! Il faut qu'il l'enlève et qu'il le lave. Tu vas voir, je vais l'obliger à l'enlever !". Le soleil se cacha derrière les nuages et laissa faire le vent.
Ce dernier se mit à souffler, souffler, souffler... Mais plus il soufflait et plus l'homme serrait contre lui son manteau. Le vent finit par abandonner. Le soleil dit alors au vent : "laisse moi faire". Le soleil enleva les nuages derrière lesquels il s'était caché et envoya de chaleureux rayons à l'homme. Celui-ci commença à avoir chaud et enleva son manteau.
On n'obtient rien par la contrainte.
Mise à jour du 30 septembre
Entendu sur France Inter à 18 h. Roselyne Bachelot (ministre de la santé) a rejeté par avance toute proposition parlementaire allant dans le sens de la création de nouvelles taxes. Je ne suis pas certain que mon blog soit lu par les plus hautes instances politiques et avoir contribué ainsi à cette salutaire réaction mais au moins cela montre qu'en haut lieu on ne goûte guère les réflexions de certains parlementaires. Il est vrai que les chips ou les pizzas, c'est bien meilleur !
04 septembre 2008
Si j'ai bien compris
Quand je pense qu'au début de l'été, j'avais pris la résolution de ne plus parler de lui...
Grâce aux
informations parues dans la presse et reprise dans les stations de
radio-diffusion et de télé-diffusion, un acteur de notre glorieuse industrie cinématographique, résidant en Corse, a eu le
désagrément de constater à son retour de promenade en bateau que des personnes
avaient pénétrées dans son jardin sans son autorisation. Pire, un
haut-fonctionnaire investi par l'Etat de veiller à la sécurité des personnes et
des biens dans l'île de beauté disposait d'informations qui lui aurait permis de
deviner ce qui allait se passer et n'a rien fait. J'ai appris aussi que cet
acteur est un ami du président de la République et qu'il aurait appelé ce
dernier pour se plaindre.
Cette information est mise au conditionnelle par contre il est avéré que ce haut-fonctionnaire a été sanctionné par le ministère de l'Intérieur sous la forme d'une mutation immédiate pour un poste qui se trouve dans la capitale.
Le président de la
République, questionné à ce sujet, a déclaré que ce n'est pas parce que cet
acteur est son ami qu'il doit bénéficier de moins de droits que les autres. Par
ailleurs, il n'a pas eu besoin d'intervenir puisqu'il a un excellent ministre de
l'Intérieur qui a fait son travail.
Si j'ai bien compris : dans l'hypothèse où vous, simple citoyen ne figurant pas sur la liste des amis du président de la République, avez le désagrément d'avoir des personnes non autorisées qui pénètrent dans votre jardin ou pire que des personnes occupent illégalement une habitation qui vous appartient et que vous avez prévenu les autorités de l'Etat et que celles-ci n'agissent pas dans les meilleurs délais alors vous êtes fondés à demander au ministre de l'Intérieur de sanctionner le haut-fonctionnaire qui a en charge la sécurité de votre département. Qu'on se le dise !
PS : si comme moi, la sarkozite vous reprend alors je vous conseille d'aller sur le blog de tropicalboy où j'ai emprunté cette photo. Il y a des situations où il ne faut pas se priver de l'humour et l'auteur de ce blog en a énormément.
09 juillet 2008
Le projet de loi « Démocratie sociale et temps de travail »
Je reviens sur la déclaration du ministre du Travail, Xavier Bertrand qui, après le vote de l’amendement parlementaire, le 7 juillet, tentait d’endormir l’opinion public en disant que : "Les plafonds évoqués sont des maxima. Si des jours fériés sont chômés, ils le demeureront. Ca ne sert à rien de chercher à faire peur."
Il est faux de dire que les travailleurs salariés disposent d’une marge de manœuvre pour négocier quand la technologie permet de produire d’avantage avec de moins en moins de personnes et que l’employeur dispose de l’arme ultime de la délocalisation pour faire plier ses employés.
Ensuite, petit détail qui a son importance, les plafonds évoqués dans l’amendement sont des maximas qui seront appliqués à défaut d’accord collectif entre l’entreprise et les représentants des salariés. L’employeur va donc pouvoir faire ce qu’il veut en matière de temps de travail. Enfin presque car il convient de noter que cet amendement est une modération du projet de loi « Démocratie sociale et temps de travail » déposé par le gouvernement.
En effet, voici l’analyse que faisait le député PS Dominique Raimbourg, le 2 juillet, sur ce projet de loi (disponible sur son site Internet http://www.dominiqueraimbourg.fr) :
« […]
La conclusion des conventions individuelles de forfait en jour ou en heures sur l’année sera définie principalement par accord d’entreprise.
Ainsi, les forfaits annuels en jours seront réservés aux cadres considérés comme autonomes et aux salariés dont la durée de travail ne peut pas être déterminée et qui disposent d’une réelle autonomie. La durée maximale de 48 heures par semaine n’est pas applicable à ces salariés. Ils ne seront protégés que par la durée de 11 heures de repos consécutifs par 24 heures, le repos hebdomadaire et les congés payés.
Le forfait fixé par la loi à 218 jours pourra, à défaut d’accord d’entreprise, atteindre jusqu’à 280 jours par an (NdA : 280 j = 365 j – 52 jours de repos hebdomadaire – 9 jours ouvrables fériés - 24 jours ouvrables de congé payé ; le projet de loi prévoit une rémunération forfaitaire majorée d’au moins 10 % à partir du 219ème jour).
Ces salariés pourront travailler 280 jours, 6 jours sur 7, jusqu’à 13 heures par jour dans la seule limite de 60 à 65 heures par semaine, en cas d’adoption de la nouvelle directive sur le temps de travail que viennent d’approuver les ministres européens (NdA : notamment le ministre français Xavier Bertrand, sachant que son prédécesseur s'était toujours opposé à la demande britannique de relever le plafond du temps de travail qui est, pour l'instant, fixé à 48 heures hebdomadaires) .
De même les forfaits annuels en heures seront ouverts à tous les salariés disposant d’une autonomie dans leur emploi du temps.
Là aussi, ces salariés pourront être obligés de travailler jusqu’à 60 à 65 heures par semaines, en cas d’adoption de la nouvelle directive européenne. »
Alors que pensez de cette « avancée » sociale, votée le 7 juillet dernier par les députés UMP-NC ?
Voici un extrait des commentaires de Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, syndicat des cadres (propos recueillis par François Vignal dans Liberation.fr, le 8 juillet).
Le patron pourra-t-il imposer le
plafond de 235 jours ?
Il pourra dire qu’il a la loi
avec lui. C‘est d’autant plus scandaleux que le gouvernement a
récemment souligné le problème de la santé
au travail, des risques psycho-sociaux. Le législateur doit
être protecteur, notamment pour la santé au travail. Or
le gouvernement fait l’inverse de ce qu’il dit. Il permet les
conditions pour altérer la santé des salariés.
Les
salariés des entreprises moyennes ou grandes, où les
accords d’entreprise seront plus faciles, sont-ils pour autant
protégés ?
Jusqu’à présent,
avec le plafond à 218 jours par an, il y a eu des accords en
dessous du plafond. Mais là, avec un plafond de 235 jours, les
négociations ne viseront pas à maintenir les 218 jours,
mais pourront amener à porter le plafond à 220 ou 225
jours. Encore faut-il qu’il y ait un accord collectif d’entreprise.
Pour cela, il faudra un rapport de force. Là où il
existe une capacité à défendre les intérêts
des salariés, le patron ne pourra pas faire ce qu’il veut.
Mais il pourra dire aussi in fine, «si vous n’acceptez pas de
travailler plus, je délocalise, je diminue l’activité
sur le site.»
Le texte doit encore passer devant le
Sénat. Espérez-vous une modification ?
Nous travaillons auprès
des sénateurs. Nous allons voir le rapporteur du texte
aujourd’hui pour lui faire comprendre notre position. Nous
constatons que le Sénat a su se montrer plus raisonnable que
les députés ces derniers temps. Mais il y a eu une
déclaration d’urgence, c’est-à-dire qu’après
le passage au Sénat, et un éventuel passe en commission
mixte paritaire en cas de désaccord, la loi sera adoptée.
Si le texte définitif reste en l’état, nous
déposerons un recours auprès de la Cour de justice des
communautés européennes.
Voici quelques précisions sur les possibilités de recours auprès de la Cour de justice des communautés européennes et ses enjeux.
Le projet de loi accorde la priorité à l’accord d’entreprise. Il ne sera donc plus possible aux salariés de bénéficier de dispositions plus favorables d’un accord de branche. Les règles d’organisation du travail (organisation du temps de travail, paiement des heures supplémentaires, repos compensateur, …) vont devenir spécifiques à chaque entreprise d’une même branche et un objet de concurrence entre elles. Le marché de l’emploi étant défavorable aux salariés, cette logique va conduire inévitablement à un nivellement par le bas des conditions de travail.
L’analyse faite par Dominique Raimbourg dans sa note du 3 juillet dernier sur la jurisprudence de la Cour de Justice Européenne ne permet pas d’être optimiste : si la loi donne la possibilité aux entreprises de déroger aux accords de branche alors elles perdront leur caractère d’application générale et elles ne seront plus opposables à un sous-traitant d’un autre état membre mettant à disposition du personnel pour réaliser une prestation sur le sol français. Le dumping social entre entreprises françaises et aussi avec les entreprises des autres pays de l’union européenne va donc être considérablement renforcé avec ce projet de loi.
Par ces quelques explications, j’espère que vous apprécierez à sa juste valeur le grand élan de générosité des députés UMP+NC qui est à l’origine de cet amendement.
Notez que le 15 septembre 1955, les salariés de la régie Renault ont obtenu la troisième semaine de congé payé. Ils avaient donc 15 jours ouvrés de congé payé + 11 jours fériés + 104 jours de week-end pour se reposer, c'est à dire qu'ils ne travailleraient plus que 235 jours dans l'année.
08 juillet 2008
Le torero
Depuis quelques temps, je me rends compte que notre gouvernement et son président sont des maîtres de la communication car ils ont une tactique redoutable : détourner l'opinion publique des actions qui vont rendre la société française de plus en plus infernal pour les simples citoyens en l'abreuvant de petites fanfaronnades, de petites toquades, de petites phrases dont les journalistes pourront faire leurs choux gras.
Exemples :
- pour la fanfaronnade : Nicolas Sarkozy déclare que lorsque les fonctionnaires font grève, on ne s'en rend pas compte; pour mémoire, je rappelle qu'il est le chef de l'Etat
- pour la toquade : Nicolas Sarkozy propose d'accueillir des FARC repentis tandis qu'il autorise l'expulsion d'une ancienne terroriste italienne repentie, bien intégrée dans la société française
- pour la petite phrase : il y en a tellement que je vous laisse choisir celle qui vous a le plus marqué
Ces gesticulations sont autant de chiffons rouges que le torero agite devant sa victime pendant qu'il lui enfonce une épée dans le dos. En ce qui concerne ceux qui ont choisi de vivre honnêtement grâce à leur travail, voici l'épée qui leur est destinée.
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Gagner plus, peut-être, travailler plus, c'est sûr. Lors de l'examen, la nuit dernière, du projet de loi sur la réforme du temps de travail, les députés ont adopté un amendement qui porte de 218 à 235 jours le seuil maximal de jours de travail par an pour les cadres.
Après un long débat entre la gauche et la droite, les députés UMP et Nouveau Centre ont voté cet amendement, la gauche a voté
contre. En clair, désormais, les cadres devront travailler 17 jours de
plus, sauf accord au sein de l'entreprise. Le texte sera voté cet
après-midi à l'Assemblée nationale, avant d'être examiné au Sénat le 17 juillet.
Depuis les lois Aubry, les cadres, dont le temps de travail est difficile à comptabiliser, travaillaient au maximum 218 jours par an. Une très grande majorité d'entreprises avaient négocié des forfaits entre 200 et 210 jours. L'amendement adopté cette nuit remet tout en cause, et revient, de fait, sur les RTT des cadres. Le texte qui sera soumis au vote de l'Assemblée cet après-midi prévoit qu'à partir du
219e jour, la rémunération forfaitaire sera majorée d'au moins 10%.
"Une régression sociale massive"
Les réactions ont été immédiates. La CFE-CGC voit dans ces 235 jours un "retour au siècle dernier". La centrale des cadres, qui entend déposer un recours devant la Cour européennes des droits de l'Homme, estime que "cette limite correspond, en fait, à une année pleine (365 jours) de laquelle on retire les jours de congés (25), les samedis (52), les dimanches (52) et le 1er mai".
"C'est une régression sociale massive", a
dénoncé Alain Vidalies (PS). "Ce que vous commettez, ce sera pour vous une tunique de Nessus. La trahison, on la traîne longtemps", a
renchéri Jean Mallot (PS). La député (Verts) Martine
Billard ironise : "La suppression des jours fériés chômés payés, le Medef l'avait rêvée, vous êtes en train de la réaliser. Si l'accord d'entreprise ne le prévoit pas, ils ne seront plus payés."
Xavier
Bertrand, ministre du Travail, a tenté de rassurer : "Les plafonds évoqués sont des maxima. Si des jours fériés sont chômés, ils le demeureront. Ca ne sert à rien de chercher à faire peur."
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Le président du groupe UMP a déclaré qu'il revenait aux entreprises de négocier avec leurs salariés la durée annuelle du travail. Comme si les salariés étaient en mesure de négocier compte tenu des menaces de délocalisation.
Florence Parisot, présidente du MEDEF avait du mal à cacher sa joie face au caméra. J'avais le sentiment qu'elle n'en demandait pas tant car elle avait adopté avec les syndicats CGT (oui, vous avez bien lu) et CFDT une "position commune" plus douce que le projet de loi déposé par le ministre du travail, Xavier Bertrand (voir l'article "35 heures : Sarko transforme les embrassades en engueulades" du "Canard enchaîné" paru le 4 juin 2008). Du coup, elle a poussé un peu plus loin les revendications du patronat en s'interrogeant sur la pertinence de fixer par la loi une durée maximum du nombre de jours de travail.
Je me demande si nous sommes encore dans un état de droit, c'est à dire un état qui protège le faible du fort.
Ainsi va la France.
04 juillet 2008
La journée d'Enzo
Voici un texte que m'a transmis une de mes cousines qui est enseignante dans une école primaire de la république française. Dimanche dernier, au cours du déjeuner, il y avait plusieurs enseignants. Je leur ai montré ce texte. Ils le connaissaient tous. Il a donc beaucoup circulé et c'est tant mieux car il fait appel à notre intelligence, à prendre de la distance par rapport à toutes les sarkoneries qui nous tombent dessus tous les jours et dont on peut se demander si elles nous éloignent des vraies questions de notre société, notamment celle de l'avenir de nos enfants. Serons nous fiers de ce que nous allons laisser à nos enfants dans quelques années. Qu'allons-nous leur dire ?
La journée d’Enzo ou l'école de demain....
3 septembre 2012
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés.
La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.
On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école.
Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie. L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès.
Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.
Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais.
Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : Chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.
L’an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.
Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur.
Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie.
Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.
Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par coeur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien
Enzo se demande pourquoi il est là. Pourquoi Saïd a dû partir.
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail.
Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année.
Pourquoi il devra prendre le bus.
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi.
Pourquoi il n'a pas de lunettes.
Pourquoi il a faim.
Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement.
Est-ce l’école que nous voulons ?
Le gouvernement a-t-il reçu un mandat populaire pour cela ?
Qu’attendons
nous pour réagir ?
Une enseignante en colère qui aimerait que l'on sache être ambitieux pour l'école.
PS : si vous soutenez notre action, svp, prenez le temps d'en parler autour de vous ou de relayer ce courriel à votre propre carnet d'adresses.
D'avance, merci.









